Articles taggés avec ‘iodure de potassium’

Nuage radioactif de la centrale de fukushima

Mardi 22 mars 2011

Nous  n’avons pas à ce jour d’informations précises quant à la composition du panache radioactif provenant de la centrale de Fukushima et qui se rapproche de l’Europe, notamment en ce qui concerne les concentrations et les proportions des différents radioéléments, et en particulier des iodes radioactifs.

En tout état de cause, les dilutions devraient être très importantes et le risque pour la santé négligeable.

La prise de comprimés d’iodure de potassium n’est actuellement pas justifiée en Europe.

Il n’est pas nécessaire de modifier ses habitudes comportementales ou alimentaires dans l’état actuel des choses. cf. communiqué de la CRIIRAD du 21 Mars 2011.

Compte tenu du fait que le survol du panache va se poursuivre dans le temps et varier dans sa composition , que nous avons déjà été affectés par les retombées de Tchernobyl et que les effets se cumulent, qu’il sera impossible d’échapper à cette très faible contamination, qu’il est quand même important de ne pas avoir de carences en iode (assez fréquentes en zone de montagne), je préconise à ma famille et mon entourage un badigeonnage de teinture d’iode à 2% (cf PS) :
2ml pour les adultes, les femmes enceintes et enfants de plus de 12 ans
1ml pour les enfants de 3 à 12 ans.
Pour les nourrissons de 1 mois à 3 ans appliquer de la bétadine dermique à 10% sur la peau (environ 1ml).

Ces recommandations sont contre indiquées pour le nouveau né de moins de 1 mois.

Application cutanée à renouveler 3 jours plus tard.

En cas de manque de teinture d’iode la Bétadine dermique peut être utilisée même chez l’adulte en doublant la dose.

Ceci est empirique mais devrait être profitable.

C’est un geste inoffensif si l’on n’a pas d’allergie à ces produits.

La teinture d’iode était autrefois largement utilisée en badigeonnage du torse pour les affections respiratoires et pour les mycoses.

Ce geste est inutile si l’on a eu un examen récent avec produit de contraste iodé ou si l’on a subit une thyroïdectomie totale.

Dr Denis Fauconnier

PS : Pierre Pellerin, directeur du SCPRI en 1986, avait évoqué trop tard l’utilité de l’application locale de teinture d’iode pour protéger la thyroïde des iodes radioactifs.

PS 2 : Il semblerait qu’il soit difficile de se procurer des pastilles d’iode en pharmacie. Cette situation est anormale : Tous les européens et voisins devraient posséder des pastilles d’iode ou pouvoir s’en procurer simplement et rapidement. La dissémination des centrales nucléaires (58 réacteurs en France) et la fréquence des incidents et accidents nous exposent à des urgences sanitaires. En cas de problème majeur, si l’ensemble des citoyens disposaient de comprimés d’iode, ils pourraient suivre la consigne gouvernementale concernant sa prise, dans un délai très court, permettant ainsi une efficacité et donc une protection optimale. Cela eviterait les problèmes de décision gouvernementale en raison de stocks insuffisants et de logistique pour une distribution massive dans un délai très court.

En 1986, la Corse, à 2 000km de Tchernobyl, a été affectée par les retombées radioactives. Des contres mesures, et une prise de pastille d’iodure de potassium auraient été indispensables. La consigne gouvernementale n’est jamais venue, ni pour aucune autre région française. Aucune distribution d’iode à la population n’a été effectuée : Les conséquences sanitaires en Corse sont importantes.

Que faire en cas d’accident nucléaire avec nuage radioactif ?

Dimanche 13 mars 2011

Il est important de rester à l’écoute des informations nationales et privées (CRIIRAD en France www.criirad.org). Ne pas hésiter à écouter les médias frontaliers.

En cas de menace, il peut être utile de se badigeonner par exemple une partie du ventre avec de la teinture d’iode si l’on n’y est pas allergique. Cela peut corriger une éventuelle carence en iode. La teinture d’iode (iode stable) traverse la peau et va se fixer au niveau de la thyroïde. Se procurer des pastilles d’iode stable.

Si le risque se précise, il sera indispensable de prendre des pastilles d’iode stable après consigne des autorités. On devrait pouvoir se procurer en pharmacie des pastilles d’iodure de potassium qui sont dosées à 130mg en France. la teinture d’iode à 2% (4 à 8ml) correspondrait à une pastille d’iodure de potassium à 130mg. En conséquence ne pas cumuler les 2 et éventuellement espacer de 24h la prise de la pastille si l’on s’est badigeonné de teinture d’iode.

Cela va saturer la thyroïde en iode stable, et empêcher ainsi la fixation ultérieure des iodes radioactifs, qui sont susceptibles de conduire à des cancers de la thyroïde.


Posologie journalière (source irsn.fr, fiche sur la prise d’iode)
Circulaire du Ministère de l’Intérieur et du Ministère de la Santé du 18 Août 1992 relative  à l’administration d’iode stable en cas d’accident nucléaire.
Comprimés quadrisécables conditionnés sous blister (par boîte de 10, ou de 100) comprenant 130 mg
d’iodure de potassium soit 100 mg d’iode stable.
1 cp pour les adultes, enfants > 12 ans
1 cp pour les femmes enceintes
1 cp pour les femmes en période de lactation
½ cp pour les enfant (3 à 12 ans)
¼ cp pour les nourrissons (< 3 ans)
Les comprimés peuvent  être dissous dans une boisson (lait, jus de fruit, eau sucrée). Si possible,
les comprimés ne doivent pas être pris à jeun.
S’il s’agit du passage d’un nuage radioactif durant un court laps de temps, une seule prise est
suffisante. Une simple prise ne protège pas plus de 36 heures.

On peut trouver en Europe des pastilles dosées à 65mg.

Après consigne, une deuxième prise peut être nécessaire, si le risque persiste.

Si l’on ne trouve pas de pastilles d’iode on peut les remplacer par un badigeonnage de teinture d’iode sur le corps, teinture d’iode à 2% à la dose de 4 à 8 ml pour les adultes (cf. pharmacorama 25/10/2001)

La dose protectrice optimale d’iode stable est en fait variable d’un pays à l’autre, et dépend de l’apport alimentaire habituel en iode stable. Elle est moindre pour les populations dont l’alimentation est riche en iode et plus élevée pour les populations carencées.


Il est important d’éviter les déplacements inutiles, et de rester à l’abri. Faire des provisions d’eau potable, et d’alimentation. S’équiper d’un poste de radio avec des piles de rechanges. Se préparer à des pannes de courant et de téléphone fixe.

N’oubliez pas de fermer portes extérieures et fenêtres. Colmater aérations. Réduire la circulation d’air par obturation partielle des interstices des portes et fenêtres avec des rouleaux autocollants et chiffons humides au sol. Arrêter climatiseur et ventilation. Obturer les cheminées.

Déconnecter les systèmes de récupération d’eau de pluie.

Rentrer les animaux domestiques.

Rentrer le linge étendu.

Retirer tapis, tentures et coussins, que l’on remisera sous plastique.

Si possible, couvrir les légumes du potager avec des films plastiques.

Pour les sorties obligatoires en cas de pluie, mettre un imperméable plastique et des bottes en caoutchouc.

Pour les agriculteurs, si possible, rentrer le bétail, diminuer les systèmes de ventilation, couvrir les fourrages et ensilages, fermer les serres.

Toutes ces mesures, pour être efficaces, doivent être préventives, c’est à dire, être faite avant d’éventuelles retombées radioactives. En respectant ces consignes, vous serez prêt à une éventuelle période de confinement passagère. Pour le confinement, privilégier des bâtiments en dur.

Mais aussi, il est important de se préparer à une éventuelle évacuation que devrait vous indiquer les autorités si le risque devenait trop important, avec pour chaque personne, un sac en plastique où l’on mettra les affaires importantes : médicaments, linges et chaussures de rechanges, affaires de toilettes, papiers importants.

En cas d’évacuation, il faut couper l’eau, l’électricité et le gaz et respecter les consignes d’évacuations officielles.

Après contamination radioactive avérée éviter la consommation de produits frais (légumes , fruits, laitages, fromages frais…).
Éviter les grossesses.

Il est important de savoir qu’en cas de fuites radioactives ou d’explosions nucléaires, on peut avoir des retombées radioactives “en taches de léopard”, c’est à dire des dépôts très hétérogènes au sol et des contaminations très préjudiciables pour la santé humaine jusqu’à plusieurs centaines, voir plusieurs milliers de kilomètres en fonction des conditions météorologiques.

Dr Fauconnier