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L’excès des hypothyroïdies néonatales en région PACA Corse en 1986

Vendredi 14 octobre 2016

Le test de dépistage systématique des hypothyroïdies à la naissance est réalisé en France depuis 1978 (réf.1).

Entre 1978 et 1985 322009 tests de dépistage ont été effectués dans la région PACA-Corse. 75 cas d’hypothyroïdies néonatales ont été dépistés en 8 ans. Soit une fréquence de 1 cas pour 4293 tests, soit une moyenne de 9,3 cas par an avant 1986.

Dans cette même région 56508 tests ont été effectués en 1986, il a été dépisté 23 cas d’hypothyroïdies néonatales, ceci représente un cas pour 2457 tests, soit un excès de 14 cas par rapport à la moyenne.

Ces chiffres sont éloquents. Les départements et surtout les mois de naissance des cas recensés en 1986 sont nécessaires pour se prononcer de manière irréfutable.

Les organismes centralisateurs, les différents ministères et DGS (direction générale de la santé) ont refusé de nous donner ces informations.

Pour la Corse nous avons pu néanmoins obtenir des informations auprès des médecins spécialistes de la DASS et de la population.

Corse du Sud

Haute Corse

Total Corse

1980

0

2

2

1981

0

2

2

1982

0

0

0

1983

0

0

0

1984

0

0

0

1985

1

1

2

1986

3

2

5

Donc une moyenne de 1 cas par an pour la Corse avant 86 pour 2800 naissances et 5 cas en 1986 dont 4 cas survenus entre le 15 mai et le 15 octobre 1986.

N.B. : les 2 cas dépistés en Haute Corse en 1986 seraient nés en juillet. (témoignage du pédiatre hospitalier de Bastia). Pourtant nous avons connaissance d’un cas survenu en septembre 86 (originaire d’une famille d’éleveur de Castagniccia). Ce cas ne serait donc pas répertorié…

Pour les années suivantes l’équipe de l’Hôpital Galliera publie les données à partir de 1995.

De 1995 à 2003 il a été dépisté 12 cas durant ces 9 années, soit une moyenne de 1,33 cas par an. Certes la cohorte n’est pas importante mais il y a bien eu un pic en 1986. Cela constitue un marqueur de premier ordre. La logique aurait voulu que les hypothyroïdies de PACA-Corse aient fait l’objet d’une analyse. L’équipe de l’hôpital Galliera n’a pas pu obtenir les chiffres avant 1990, notamment ceux de 1986.Les données du registre de l’hôpital de Marseille AREDEMAG ne sont disponibles qu’à partir de 1990 or les données précédant cette date existent bel et bien mais ne sont pas accessibles. D’autres personnes qui ont voulu se pencher sur le pic de 1986 en ont été dissuadées.

Pour la France entière à propos du nombre de cas d’hypothyroïdies néonatales en 86 on note des incohérences dans les publications :

179 cas pour M.L. Briard (Paris) dans son article « l’explosion de Tchernobyl a-t-elle augmenté l’incidence des hypothyroïdies congénitales en France ».

193 cas pour les statistiques officielles centralisées par le Professeur Farriaux (hopital Huriez de Lille) publiées dans le bulletin de liaison « la dépêche ».

Docteur Denis Fauconnier

Gestion politique de Tchernobyl en periode critique

12 mai 1986, les ervices vétérinaires de Bastia prélèvent un échantillon de lait envoyé pour analyse au SCPRI du PR. Pellerin. résultat 4400 becquerels d'Iode 131 par litre de lait.
12 mai 1986, les services vétérinaires de Bastia prélèvent un échantillon de lait envoyé pour analyse au SCPRI du PR. Pellerin. résultat 4400 becquerels d’Iode 131 par litre de lait

Le SCPRI lui-même calcule que le 3 mai, ce lait contenait 17600 Becquerels par litre, soit 35 fois la limite autorisée.
Le SCPRI lui-même calcule que le 3 mai, ce lait contenait 17600 Becquerels par litre, soit 35 fois la limite autorisée.

Mi-mai en urgence une réunion secrète se tient au ministère de l'intérieur de Charles Pasqua.
Mi-mai en urgence une réunion secrète se tient au ministère de l’intérieur de Charles Pasqua.Extrait d’une note secrète envoyée aux préfets en direction des DASS :
-contaminations très élevées
-Accord entre le SCPRI et l’IPSN pour taire les faits chiffrés de la contamination

15 mai, extrait d'une discussion entre le président de la république et le directeur de la Répression des fraudes.
15 mai, extrait d’une discussion entre le président de la république et le directeur de la Répression des fraudes : “Les informations ne doivent pas nous desservir”.

mi mai, matignon décide l'exportation frauduleuse des produits frais.
Mi mai, matignon décide l’exportation frauduleuse des produits frais.

BD Tchernobyl Le Nuage Sans Fin

Jeudi 21 avril 2016

“L’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) publie une bande dessinée basée sur des pièces du dossier d’instruction de son procès perdu contre l’État français. Les planches racontent comment il a minimisé les conséquences de Tchernobyl sur le territoire national, au mépris de la santé des citoyens. ” Article à lire sur Slate.fr

Vous pouvez commander cette bande dessinée en envoyant un chèque de 15€, tarif public, plus 6€ de frais de port (6€ jusqu’à 3 exemplaires) à l’ordre de “Dr Fauconnier Denis”,à l’adresse suivante : Couvent de Tuani, 20226 Costa. Merci d’indiquer vos nom et adresse, que nous puissions vous faire parvenir votre exemplaire. La livraison se fera via la poste, en enveloppe à bulles.
Plus d’informations au 0626765563.

couverture

Site officiel de l’association française des malades de la thyroide.

Lettre à la CTC - remarques sur l’étude italienne - 06/11/2013

Dimanche 10 janvier 2016

Docteur Denis Fauconnier

Aux membres de la commission Tchernobyl de la CTC

Parmi les indicateurs de premier plan de l’impact d’une pollution nucléaire sur la santé des populations j’ai toujours insisté sur l’étude des hypothyroïdies néonatales, des cancers de la thyroïde de l’enfant et de l’adolescent, des leucémies de l’enfant.

Je n’ai trouvé dans les résultats de l’étude italienne aucune réponse et démarche satisfaisante.

1. l’étude des hypothyroïdies néonatales :

Nous ne retrouvons dans le rapport que des données à partir de 1995 pour la Corse et les régions « limitrophes », ce qui ne présente strictement aucun intérêt pour notre étude puisque l’effet des iodes radioactifs est immédiat sur ce type de pathologie. Existence ou non d’un excès en 1986 était la réponse attendue.

L’équipe italienne écrit en ce qui concerne la région PACA-Corse « pas de données disponibles avant 1990 » c’est ce qu’on leur a dit mais c’est totalement faux. (cf. ci-joint) : il y a manifestement mensonge et refus de communiquer les données à une équipe de chercheurs, ce qui n’est pas acceptable. Un pic dans le nombre de cas d’hypothyroïdies néonatales existe bien en 1986 en Corse. Cf. ci-joint

2. les leucémies de l’enfant :

L’étude italienne montre une augmentation du taux d’incidence des leucémies aiguës de l’enfant entre la cohorte exposée et les cohortes non exposées, sans que cette augmentation ne soit statistiquement significative. Ces résultats m’imposent deux remarques :

on ne peut pas dire que la cohorte des enfants nés et malades après 86 constitue une cohorte non exposée. Les leucémies ne sont pas spécifiquement induites par les iodes radioactifs de courte durée, l’irradiation a pu être faite après 86 par les radioéléments de période plus longue tels les césiums 134 et 137 ; une irradiation de cellules germinales ou des gamètes n’est pas à écarter.

il est regrettable que nous ne disposions pas de graphique où figure le nombre de cas de leucémies en fonction de l’année de naissance. Nous avons remarqué en Corse un excès de leucémie de l’enfant pour les cohortes nées en 85 et 86. Peut-être les données n’étaient pas disponibles.

3. les cancers de la thyroïde :

L’augmentation après avoir éliminé tous les facteurs de confusion n’est pas significative, voire inexistante, pourtant dans sa critique du rapport l’INVS place la Corse parmi les régions où l’incidence du cancer de la thyroïde est la plus forte de France avec l’Isère et la Vendée (réseau Francim) pour les périodes 1998-2001 et 2002-2006 et cette incidence a augmenté entre les deux périodes.

Il est bon de préciser que l’Isère qui possède un registre des cancers et qui a subi d’importantes retombées de Tchernobyl a enregistré une augmentation des cancers de la thyroïde de 500% en 20 ans à partir de 1986 et plus précisément une augmentation de 800% du cancer papillaire de la thyroïde qui est la forme radio-induite.

Par ailleurs le cancer de la thyroïde est devenu en Isère la première localisation cancéreuse chez les jeunes femmes de 15 à 29 ans à partir des années 2002. (Impensable avant les années 80)

Comment se fait-il que l’étude italienne n’ait pas montré cet accroissement de l’incidence reconnue officiellement ? Est-ce une exagération de la prise en compte des facteurs de confusion ?

En ce qui concerne les cancers de la thyroïde de l’enfant il est impératif d’exiger toute la transparence sur l’arrêt prématuré du registre régional des cancers de l’enfant de la région PACA-Corse. Registre ouvert en 1984 – stoppé en 1996, après la découverte d’une anomalie, un excès de cancers de la thyroïde en PACA-Corse (cf.détail ci-joint).

Quand un registre dérange on l’arrête.

A ce propos, nous avions entendu, à la CTC, en juin 2006, Florent de Vathaire , directeur de recherche à l’INSERM , qui cherchait une aide financière pour son étude de cas témoins qui concernait des adultes jeunes de l’Est de la France, Corse comprise, qui avaient moins de 15 ans en 1986 et qui ont développé un cancer de la thyroïde entre 2002 et 2006.

Il a ainsi retrouvé 850 cas pour cette période qu’il a étudié : interrogatoire approfondi et analyses chromosomique et génétique. Cohorte qu’il a comparée à 850 cas témoins sains. Pour finaliser l’étude il lui fallait disposer de la carte de France des dépôts radioactifs de Tchernobyl établie par l’IRSN pour tenter d’établir une corrélation entre les pathologies et l’intensité des dépôts radioactifs. Demande faite en 2008. En 2011 il n’avait toujours rien obtenu. M. Repussard, directeur général de l’IRSN, n’a pas voulu délivrer les données « Nous avons voulu éviter à M. De Vathaire une erreur méthodologique grave, car une étude fondée sur la cartographie des retombées n’a pas de sens » nous en déduisons que M. Repussard a un grand sens de l’humour. Nous n’avons toujours pas les résultats de cette étude. (cf. ci-joint)

On ne peut accepter de tels procédés qui entravent la science. Il faut exiger une transparence totale. Sans cette transparence il est logique de remettre en question toutes les publications statistiques concernant la santé en France.

La commission Tchernobyl, la CTC, l’ORS, se doivent d’interpeller le Ministre de la Santé pour exiger tous les éclaircissements concernant l’affaire du registre de l’enfant de la région PACA-Corse et concernant le pic en 1986 du nombre de cas d’hypothyroïdies néonatales de cette même région PACA-Corse avec l’impossibilité pour l’équipe de chercheurs de l’hôpital Galliera d’obtenir des données avant 1990

À Costa le 6 novembre 2013

4 pj : cancer de la thyroïde de l’enfant en région PACA-Corse, l’affaire du registre registre-des-cancers-paca-corse

Les hypothyroïdies néonatales hypothyroidies neonatales

Texte d’intervention du Dr Sophie Fauconnier Lopez-Rios

Dimanche 13 mai 2012

colloque de Genêve 12 Mai 2012

Forum scientifique et citoyen sur la Radioprotection

Les cancers de la thyroïde augmentent en France de façon très importante voire exponentielle depuis la fin des années 70

1,5/100 000/an en 75

2,5/100 000/an en 85

4,5 en 95

8,15 pour la période 2002/2006

9,8/100 000/an en Corse pendant la période 98/2001

Très régulièrement, dans la littérature scientifique et la presse, des spécialistes avancent des arguments pour écarter l’impact de Tchernobyl sur les pathologies thyroïdiennes.

pour eux, ce n’est pas l’effet Tchernobyl

- car l’augmentation a commencé avant 86

- des régions moins contaminées ont plus d’augmentation de cancers de la thyroïde que l’Est de France

- les iodes radioactifs n’engendrent pas d’augmentation des cancers de la thyroïde chez l’adulte

- les médecins sont plus vigilants et les moyens de dépistage plus sophistiqués, ce qui permet de dépister des cancers plus tôt …

Ces spécialistes se gardent bien d’évoquer la survenue d’autres pathologies thyroïdiennes dites bénignes: thyroïdites, goitres multihétéronodulaires (GMHN), nodules, dysfonctionnements…

il est dit:

« l’augmentation a commencé avant 86 »

oui mais…

En ce qui concerne la faible augmentation avant 86 , vers la fin des années 70, il faut rappeler que l’échographie thyroïdienne a été mise en place à cette époque et il est tout à fait normal qu’à une nouvelle technologie de dépistage s ‘associe une augmentation des cas recensés , du moins transitoirement.

La logique voudrait qu’après cette ascension de la courbe d’incidence on retrouve un plateau et non pas un accroissement de l’augmentation.

il est dit

« des régions moins contaminées ont plus d’augmentation de cancers de la thyroïde que l’Est de la France »

Dans le Calvados, moins contaminé , ou dans le Tarn, on a des augmentations d’incidence plus fortes que dans l’Est de la France , Alsace.

Il faut souligner plusieurs points:

l’Isère qui bénéficie d’un registre des cancers ancien enregistre la plus forte augmentation d’incidence des cancers papillaires de la thyroïde , 800% d’augmentation en 20 ans (entre la période 1982/1986 et la période 2002/2006), pour atteindre le niveau le plus haut avec la Corse pour la période 2003/2006.

Le Calvados, systématiquement cité, fait partie de la basse Normandie avec une forte activité laitière. Il ne faut pas oublier que la basse Normandie est encadrée de centrales nucléaires.

Le lait et les produits laitiers sont les principaux vecteurs des radionucléides après un accident;

- au début du mois de Mai l’Ouest et le Sud de la France bénéficient d’un climat plus doux.

Dans les pays de l’Est et dans l’Est de la France la plupart des troupeaux sont encore à l’étable,alimentés par des foins, ensilages et autres aliments engrangés l’année précédente.

Dans les régions où le climat est plus doux les animaux sortent dans les pâturages.

En Corse, les animaux, vaches, brebis, chèvres, sont toujours en stabulation libre, quasiment jamais alimentés à l’étable , d’où une plus forte contamination en iodes.

Par ailleurs si l’on prend le cas de la Corse, le printemps est plus précoce, les jardins commencent à produire, radis, poireaux, pissenlits, asperges, mais surtout des légumes à larges feuilles, salades,blettes, qui constituent un large réceptacle pour les particules radioactives, notamment si les dépôts se sont faits par temps sec , par bruine ou par brouillard.

Il est important de distinguer les différents modes de dépôts des radioéléments

en fonction des conditions climatiques.

Une pluie ou averse importante pendant le passage d’un nuage radioactif

entraînera beaucoup de radioéléments dans la terre et les analyses ultérieures retrouveront beaucoup de césium 137 .

Un dépôt par temps sec ou par bruine ou brouillard imprégnera d’un cocktail de radioéléments essentiellement la partie aérienne des végétaux et pâturages avec pour conséquence une contamination rapide des animaux, des produits laitiers et des légumes.

Un agriculteur qui projette de brumiser un produit phytosanitaire (qu’il soit systémique ou de contact) ou un désherbant, va avant tout consulter la météo: une pluie entraînerait un lessivage du végétal et le traitement perdrait beaucoup en efficacité.

Il en est de même pour les radionucléides de Tchernobyl.

Le pouvoir contaminant d’une bruine, d’un brouillard , par les radioéléments à vie courte, est plus fort que des dépôts par précipitation en ce qui concerne les végétaux .

Donc en ce qui concerne les pathologies thyroïdiennes il ne faut pas tenter d’établir une corrélation entre la survenue de ces pathologies et la concentration de césium retrouvé dans le sol.

Les pathologies thyroïdiennes doivent plutôt être mises en relation avec les habitudes alimentaires et le mode de vie (ruralité, élevage, autoconsommation…)

il est dit

« les iodes radioactifs n’engendrent pas d’augmentation des cancers de la thyroïde chez l’adulte »

c’est faux

En Biélorussie à partir d’un registre des cancers le Professeur Demitchik a montré une augmentation des cancers de la thyroïde chez l’adulte de 500% en 15 ans pour la période       1986/2000.

il est dit:

« la plus grande vigilance des médecins et les moyens de dépistage plus sophistiqués permettent de dépister un plus grand nombre de cancers , surtout des microcancers, c’est à dire des tumeurs inférieures à 1cm de diamètre »

faux

j’ ai étudié 201 cas de cancers de la thyroïde survenus en Corse entre 1985 et 2006

avec notamment :

les circonstances de diagnostic, le type cellulaire, la taille, le bilan d’envahissement; l’âge, le sexe et le lieu de résidence des malades en 1986 …

Dans mes conclusions on retiendra qu’1/3 des cancers sont de découverte fortuite; la moitié des cancers de découverte fortuite ont dépassé le stade de microcancer

mais surtout on retiendra que les microcancers de découverte fortuite asymptomatiques, sans complication, ne représentent que 8% des cas.

C’est à dire que les 92% restant étaient soit des cancers qui s’étaient révélés du fait de leur taille ou du fait de la gène occasionnée ou du fait de troubles fonctionnels associés, soit de microcancers agressifs avec effraction de la capsule ou   envahissement ganglionnaire ou métastase.

Au moment du diagnostic parmi les microcancers 11% présentaient des complications, envahissement ganglionnaire ou métastase.

Est-ce la manifestation d’une agressivité particulière des cancers de la thyroïde

en Corse , région la plus exposée du fait de l’importance des retombées et des habitudes alimentaires des habitants?

Les preuves de l’impact sanitaire de Tchernobyl en France, exemple de la Corse

La corse est située à près de 2000 km de Tchernobyl et pourtant elle a été très concernée par les retombées radioactives ; en raison de son survol par le panache radioactif avec des conditions météorologiques défavorables au plus mauvais moment de l’année et à cause d’ habitudes alimentaires particulières.
En effet, la Corse a enregistré des dépôts de césium 137 en 86 de 4000 à 40 000 Bq/m2 selon les régions, 20 000 à 400 000 Bq d’iode 131/m2 donc 3fois plus d’iode 132.

Les laits de chèvres et de brebis les premiers jours de mai 86 ont contenu des taux souvent supérieurs à 10 000 Bq d’iode 131 / litre , jusqu’à 100 000 Bq/litre pour l’IPSNCEA.

La radioprotection n’a pas respecté les limites réglementaire en 86, les habitudes alimentaires particulières n’ont pas été prises en compte, il n’a été tenu compte de la vulnérabilité particulière des populations rurales.
Des pathologies caractéristiques et des organes cible ont permis avec le recul de bien cerner l’impact de pollution de nucléaire ; or tous ces indicateurs sont au rouge dans notre région.

I Le pic des hypothyroïdies néonatales en PACA Corse

Hypothyroïdies néonatales en Corse : entre 1980 et 1985 on a dépisté 6 cas d’hypothyroïdie néonatale dans les 2 départements, soit une moyenne de 1 cas par an, en 1986 on a dépisté 5 cas, dont 4 cas entre le 15 mai et le 15 octobre 1986.

Hypothyroïdies néonatales en région PACA :75 cas d’hypothyroïdies néonatales ont été dépistés en 8 ans entre 1978 et 1985 avec une moyenne de 9,3 cas par an.
Dans la même région en 1986 ont été dépistés 23 cas.
On observe donc en 1986 un excès de 14 cas.
Ces chiffres sont éloquents.

La justice a été sollicitée pour étudier ces cas avec notamment les mois de naissance.

II Pathologies thyroïdiennes en Haute-Corse

il y a une forte augmentation des pathologies thyroïdiennes.
L’ analyse de l’expertise des fichiers du Dr Vellutini, seul endocrinologue en Haute Corse ayant exercé avant et après 1986, révèle une augmentation de 117% dans la proportion de consultants pour des problèmes  thyroïdiens par rapport aux autres pathologies endocriniennes après 1986.
En d’autres termes la proportion de consultants pour des problèmes thyroïdiens a plus que doublé après 1986.
Ceci est à mettre en parallèle avec la très forte augmentation des ventes du médicament Lévothyrox en France.

Parmi les différentes pathologies thyroïdiennes ce sont les thyroïdites type Hashimoto qui ont augmenté dans les plus fortes proportions .

III Les cancers de la thyroïde chez les enfants

En région PACA, troublante affaire des cancers de la thyroïde des enfants et du registre régional des cancers de l’enfant du Pr Bernard. Conférence de presse d’Annie Sugier,directrice del’IPSN, le 27 mars 1996 aux journaux « le monde » et « le nouvel obs »:3 cancers de la thyroïde de l’enfant enregistrés pendant la période 1984 à 1991 et 14 cancers en 1992, 93 et 94.Ces chiffres ont été rectifiés par la direction Régionale de la Santé, il y aurait eu erreur dans l’interprétation des données
Ce registre, ouvert en 1984, n’a plus donné d’informations à partir de cette date (1996), contrairement aux autres registres régionaux.
La justice a été sollicitée pour élucider cette affaire.

IV Leucémies de l’enfant en Corse

Plusieurs cas du même type de leucémie (LLA) ont été signalés pour des enfants nés en 1985 et en 1986 dont 2 cas pour la seule Haute Corse et nés au deuxième semestre 86 (données non exhaustives) alors que l’incidence nationale est habituellement très faible, de l’ordre de 3,3 cas pour 100 000 et qu’il y n’y a en Corse que 2800 naissances par an . Le registre PACA Corse devait détenir ces informations.

V Les cancers de la thyroïde de l’adulte

Le taux d’incidence des cancers de la thyroïde en Corse sur la période 1998/ 2001est le plus élevé pour les hommes (publication INVS 2006 pages 32 à 38 « évaluation de l’incidence des cancers de la thyroïde en Corse , période 1988/2001) ; incidence 3 fois plus élevée que la moyenne nationale et 2 fois plus élevée que dans le Doubs (département qui enregistre la plus forte incidence sur le continent).
Pour les femmes, l’incidence du cancer de la thyroïde, en Corse, est du même ordre de grandeur que l’incidence la plus élevée enregistrée sur le continent , c’est à dire le Tarn.
Globalement l’incidence du cancer de la thyroïde en Corse est la plus forte des régions françaises surveillées, cette incidence est 2 fois supérieure à l’incidence moyenne      nationale.
Ma thèse de doctorat en médecine  soutenue le 20 décembre 2006 « Etude de 201 cas de cancers de la thyroïde en Corse entre 1985 et 2006 » permet de retenir que l’incidence élevée en Corse est bien réelle, seulement 8% des cancers de la thyroïde sont des microcancers de découverte fortuite ,asymptomatiques , sans complications; ce n’est donc pas l’augmentation de ces découvertes fortuites qui explique cette augmentation de l’incidence.

VI Pathologies malignes graves

Excès de pathologies malignes graves survenues dans la cohortes des jeunes nés au 2ème semestre 1986 , c’est à dire dont les mères étaient enceintes en mai 86.
Ne serait ce que dans notre micro-région, sans faire de recherches particulières, on a pris connaissance, parmi les 80 naissances de cette période, de 3 cas de pathologies malignes graves , soit 1 cas sur 26, il s’agit d’un lymphome, d’une leucémie et d’un cancer de la thyroïde.
Ces 3 cas ne sont nullement exhaustifs. 3 cas pour une si petite cohorte est tout à fait anormal compte tenu des très faibles incidences respectives à l’age de survenue.

La succession de pics dans les différentes pathologies classiquement radio-induites devrait convaincre la communauté scientifique de l’impact de Tchernobyl sur la santé de la population Corse.

Mais l’étude la plus judicieuse pour cerner l’ensemble de l’impact sanitaire des retombées de Tchernobyl serait de comparer la santé d’une cohorte qui a subi de plein fouet les effets des radioéléments de Tchernobyl, surtout les iodes, par exemple comparer des personnes nées en 85 et 86, à une cohorte de personnes nées en 88 et 89 qui n’ont pas subi les effets de ces iodes.

Ceci permettrait de chiffrer l’impact de Tchernobyl sur toutes les pathologies thyroïdiennes et autres , malignes ou bénignes, d’une population vulnérable (cancer de la thyroïde, Hashimoto, goitre multihétéronodulaire, basedow, maladies auto-immunes, diabète de type 1, lymphomes Hodgkinien et non Hodgkinien, leucémies etc…).

enfin

L’instruction du TGI de Paris, pôle santé, n’a pas conclu sur la plus part de ces points.
Les dossiers de plaignants les plus caractéristiques n’ont pas été instruits .
Les services de l’état, en place depuis 1986, tant par les systèmes de surveillance que par les différentes alertes , ne peuvent ignorer ces problèmes sanitaires.
La maîtrise de l’information et des données scientifiques est à l’évidence toujours effective.
En niant les répercutions sur la santé d’une pollution nucléaire sur des populations exposées et vulnérables, les autorités sanitaires se rendent responsables de contre mesures défaillantes lors d’accidents nucléaires postérieurs.

La gestion de la catastrophe de Fukushima en est la preuve et la population japonaise en pâtira.

Les élus de la Collectivité Territoriale de Corse ont décidé, pour répondre aux interrogations légitimes de la population , de financer sur les fonds de la collectivité une étude épidémiologique visant à mesurer l’impact de Tchernobyl et à mettre en place un registre des cancers réclamé depuis 26 ans  en vain auprès des services de l’état.

C’est une équipe médicale italienne (Ospedale Galleria de Gênes) composée de chercheurs épidémiologistes, endocrinologues qui a remporté le marché qui a fait l’objet d’un appel d’offre européen.

D’ici un an nous devrions avoir les premières conclusions.

Tchernobyl - Plaidoirie de Maitre Thierry Billet - Cour d’appel de Paris

Vendredi 1 avril 2011

Télécharger la plaidoirie qui vise à obtenir le rejet de la demande de non lieu déposée par M. Pellerin (PDF)

Nuage radioactif de la centrale de fukushima

Mardi 22 mars 2011

Nous  n’avons pas à ce jour d’informations précises quant à la composition du panache radioactif provenant de la centrale de Fukushima et qui se rapproche de l’Europe, notamment en ce qui concerne les concentrations et les proportions des différents radioéléments, et en particulier des iodes radioactifs.

En tout état de cause, les dilutions devraient être très importantes et le risque pour la santé négligeable.

La prise de comprimés d’iodure de potassium n’est actuellement pas justifiée en Europe.

Il n’est pas nécessaire de modifier ses habitudes comportementales ou alimentaires dans l’état actuel des choses. cf. communiqué de la CRIIRAD du 21 Mars 2011.

Compte tenu du fait que le survol du panache va se poursuivre dans le temps et varier dans sa composition , que nous avons déjà été affectés par les retombées de Tchernobyl et que les effets se cumulent, qu’il sera impossible d’échapper à cette très faible contamination, qu’il est quand même important de ne pas avoir de carences en iode (assez fréquentes en zone de montagne), je préconise à ma famille et mon entourage un badigeonnage de teinture d’iode à 2% (cf PS) :
2ml pour les adultes, les femmes enceintes et enfants de plus de 12 ans
1ml pour les enfants de 3 à 12 ans.
Pour les nourrissons de 1 mois à 3 ans appliquer de la bétadine dermique à 10% sur la peau (environ 1ml).

Ces recommandations sont contre indiquées pour le nouveau né de moins de 1 mois.

Application cutanée à renouveler 3 jours plus tard.

En cas de manque de teinture d’iode la Bétadine dermique peut être utilisée même chez l’adulte en doublant la dose.

Ceci est empirique mais devrait être profitable.

C’est un geste inoffensif si l’on n’a pas d’allergie à ces produits.

La teinture d’iode était autrefois largement utilisée en badigeonnage du torse pour les affections respiratoires et pour les mycoses.

Ce geste est inutile si l’on a eu un examen récent avec produit de contraste iodé ou si l’on a subit une thyroïdectomie totale.

Dr Denis Fauconnier

PS : Pierre Pellerin, directeur du SCPRI en 1986, avait évoqué trop tard l’utilité de l’application locale de teinture d’iode pour protéger la thyroïde des iodes radioactifs.

PS 2 : Il semblerait qu’il soit difficile de se procurer des pastilles d’iode en pharmacie. Cette situation est anormale : Tous les européens et voisins devraient posséder des pastilles d’iode ou pouvoir s’en procurer simplement et rapidement. La dissémination des centrales nucléaires (58 réacteurs en France) et la fréquence des incidents et accidents nous exposent à des urgences sanitaires. En cas de problème majeur, si l’ensemble des citoyens disposaient de comprimés d’iode, ils pourraient suivre la consigne gouvernementale concernant sa prise, dans un délai très court, permettant ainsi une efficacité et donc une protection optimale. Cela eviterait les problèmes de décision gouvernementale en raison de stocks insuffisants et de logistique pour une distribution massive dans un délai très court.

En 1986, la Corse, à 2 000km de Tchernobyl, a été affectée par les retombées radioactives. Des contres mesures, et une prise de pastille d’iodure de potassium auraient été indispensables. La consigne gouvernementale n’est jamais venue, ni pour aucune autre région française. Aucune distribution d’iode à la population n’a été effectuée : Les conséquences sanitaires en Corse sont importantes.

Article Corse Matin 8 Mai 2009 - Appel à la population

Mardi 18 mai 2010

Cliquez ici pour télécharger le formulaire de plainte, a renvoyer à l’Association Française des Malades de la Thyroïde.

Source : Corse Matin
http://www.corsematin.com/ra/corse/253614/bastia-la-balle-est-dans-le-camp-des-victimes

La balle est dans le camp des victimes

Paru aujourd’hui, samedi 8 mai 2010
Le Dr Denis Fauconnier lance un appel à la population pour apporter les preuves que le nuage de Tchernobyl a fait des victimes sur l’île.

Il y a urgence à agir ». C’est ce qu’aura retenu le Dr Denis Fauconnier de son entretien avec Marie-Odile Bertella-Geffroy, la première juge d’instruction au pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris. Une visite concernant le procès Tchernobyl qui s’est tenue le 22 avril dans la capitale - et qui a bien failli être annulée en raison du nuage de cendres volcaniques - mais qui a finalement amorcé le compte à rebours dans l’affaire de la reconnaissance des victimes du nuage radioactif.

L’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), de même que la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), conduite par la députée européenne Michèle Rivasi, se sont également rendues au rendez-vous fixé par le juge d’instruction.

Une centaine de plaintes corses sur les 650 déposées

Pour l’heure, cette longue instruction traite 650 plaintes, dont une centaine concernant des victimes insulaires. Mais devant la demande de non-lieu présentée par le parquet de Paris, tous ont décidé de tirer la sonnette d’alarme. Les travaux et les enquêtes de terrain se multiplient pour tenter d’apporter matière pour s’opposer à cette requête dont le délibéré devrait être rendu courant septembre. Un entretien balayé de révélations qui, selon le médecin installé en Balagne, ex-membre de la commission dite « Tchernobyl » à l’ancienne assemblée de Corse, prouve qu’il est encore temps de souffler sur ce nuage pour dévoiler la vérité. « La juge nous a appris que la consommation de Levothyrox - médicament de la thyroïde - a presque été multipliée par dix depuis 1986, sur le plan national. Ce qui atteste une fois de plus de l’impact de la catastrophe nucléaire sur la population ».

« L’obligation de lancer un appel à la population »

Un élément nouveau qui intervient comme une piqûre de rappel pour témoigner des conséquences sanitaires essuyées par les habitants, en particulier les enfants nés au deuxième semestre 1986. Le Dr Denis Fauconnier estime aujourd’hui « être dans l’obligation de faire un appel à la population pour savoir si des problèmes de santé sérieux sont à signaler ». Autant de situations qui pourraient corroborer le rapport de causalité établi au hasard de rencontres. « J’ai plusieurs cas de pathologies sévères qui sont apparues ces douze dernières années en Balagne. Ces jeunes adultes, aujourd’hui âgés de 23 ans, ont tous été soignés pour des cancers à Marseille. J’ai eu connaissance de ces dossiers sans même mener d’enquête. Peut-être y a-t-il encore d’autres victimes », s’interroge le médecin.

Une nouvelle fois, la demande d’un registre des cancers, différée depuis vingt ans, est pointée du doigt. À cela s’ajoute une étude épidémiologique qui piétine, mais que l’on ne cesse de présenter tel le sésame qui lèverait le voile sur les retombées de cette catastrophe. Autant de lenteur dans les projets, de promesses ayant volé en éclats qu’il est temps de démêler. Car pour le Dr Denis Fauconnier, « il faut maintenant prouver qu’on est des victimes de Tchernobyl ».

Pour toute information, contacter le Dr Denis Fauconnier au 04.95.61.07.43 ou fauconnierdenis@gmail.com
Julie Quilici

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Présentation

Samedi 12 juillet 2008

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En 1986 médecin de campagne installé en Haute-Corse, en Balagne, un région pastorale, depuis 1979.

Diplômé des sciences agronomiques et techniques après des études au lycée agricole et horticole d’Antibes et d’Aix Valabre.

Auteur d’une thèse de doctorat sur la pollution de la Méditerranée par les rejets des boues rouges de la société Montédison (faculté de Nice 1979).

Premier écho de l’accident de Tchernobyl lors de l’enterrement de ma belle-mère le 28 avril 86 puis par RMC le 2 mai, qui signale une augmentation de la radioactivité sur la Principauté de Monaco.

Des patients qui reviennent d’Italie (Italie continentale et Ile d’Elbe) m’informent de contre-mesures draconiennes (éviction de tous produits frais végétaux et animaux) et me donnent à lire des comptes-rendus de mesures de confinement prises par les militaires américains basés à Pise, en Italie.

Précautions au centre militaire de Pise

2ème partie - Particularités de la population Corse

Vendredi 11 juillet 2008

Plusieurs facteurs ont contribué à l’exposition de la population corse :

  • Importance des populations rurale et pastorale en particulier.
  • Carences en iode des populations vivant en montagne.
  • Production et consommation de lait de chèvre.
  • Fabrication et consommation de fromage frais de chèvre et brebis (pour faire un fromage il faut 4 litres de lait).
  • Processus particulier de fabrication du brucciu à base de petit lait.
  • Circuits de distribution très courts.
  • Rapidité de fabrication du fromage.
  • A cette époque de l’année (printemps) les potagers sont en pleine production.
  • Importance du relief : l’IPSN a bien mis en évidence le fait que les dépôts augmentent avec l’altitude.
  • Concentration du nuage en R.A.
  • Pluie et brouillard fin avril et début mai 86. Des précipitations sur près de la moitié des deux départements ont accentué les dépôts au sol.

3ème partie - Estimation de la contamination des populations

Jeudi 10 juillet 2008

Il y a de jeunes corses élevés au lait de chèvre et beaucoup consomment régulièrement du fromage frais et du brucciu et non des « petits suisses » ; entre le lait de chèvre, le fromage frais, le brucciu, un enfant peut ingurgiter sans problème dans la journée l’équivalent de 2 litres de lait de chèvre ou de brebis, soit 80 000Bq d’iode 131 au début du mois de mai ou encore 600 000Bq en 40jours compte tenu de la décroissance.

Ingérer 600 000Bq d’iode 131 délivre à la thyroïde.

260mSv pour un adulte

570mSv pour un enfant de 10 ans.

1,14Sv pour un enfant de 5 ans .

Le Professeur Cogné, Directeur de l’IPSN admettra qu’un enfant de 10 ans ait pu recevoir 90mSv à la thyroïde ; de son côté la Société Française de Radioprotection admettra que les enfants corses aient pu recevoir des doses à la thyroïde de 30 à 170mSv, bien en-deçà de notre propre estimation mais par contre très au-dessus de la limite fixée par le décret du 15/06/66 en vigueur en France en 86, soit 15mSv.

A nos estimations de contamination par les produits laitiers il faut ajouter la contamination par inhalation et par ingestion des autres aliments, surtout les légumes très abondants à cette époque de l’année, notamment les salades et autres légumes à larges feuilles, qui ont la propriété de récolter beaucoup de bequerels.

Mais il n’y a pas eu que de l’iode 131, il y avait d’autres isotopes radioactifs de l’iode dont l’impact est loin d’être négligeable et tous les autres radioéléments les plus importants étant retrouvés dans la salade de Mandelieu.

Dans les champs de maraîchers il y a à peu près 9 salades au m2 ; si la pluie n’a pas été trop abondante la salade a pu fixer la presque totalité des retombées.

Les populations rurales et pastorales du Sud-Est et de l’arrière pays niçois se sont trouvées dans des conditions similaires.

Pellerin a ignoré tous ces facteurs particuliers et se retranche derrière des moyennes de contamination et des alimentations standards de citadins.

La radioprotection doit protéger tous les individus y compris les « groupes critiques », même s’ils sont en nombre limité au sein de la population française.

Les estimations de contamination de ces populations rurales sont, en ce qui concerne la thyroïde, du même ordre de grandeur que celle faite pour une importante proportion de jeunes ukrainiens ou biélorusses.

C’est la rançon de l’absence totale de contre-mesures.

Le cancer de la thyroïde a déjà frappé près d’un millier de jeunes ukrainiens et biélorusses.

En Corse cette contamination de la population ne peut pas rester sans conséquences sanitaires.

On est déjà stupéfait par le nombre de problèmes thyroïdiens ; les spécialistes se posent des questions (Pr Santini de Nice par exemple) , j’ai de mon côté essayé de faire un travail d’épidémiologie.

Dès 1986, après enquête, j’ai trouvé un excès de cas d’hypothyroïdie néonatale en Corse :

Entre 1980 et 1985 il y a eu 6 cas d’hypothyroïdie néonatale en Corse, soit une moyenne d’un cas par an ;

J’ai répertorié 5 cas pour la seule année 86, dont 4 cas entre le 15 mai et le 15 octobre.

De même en région PACA il y avait une moyenne de 9 cas par an, en 86 il y a eu 23 cas !

Dans ma propre clientèle j’ai constaté une augmentation des problèmes thyroïdiens, ce que confirmera le Dr Vellutini seul endocrinologue de Haute-Corse à l’époque.

En 1983, 84 et 85 la proportion de ces nouveaux patients consultant pour un problème thyroïdien est stable par rapport aux autres pathologies endocriniennes de 7,06 à 7,60%, en 1987 cette proportion passe à 20%, soit une augmentation de 172%. J’ai demandé au Dr Vellutini de me donner des précisions sur l’évolution des pathologies mois par mois et sur les lieux de résidence des patients pour les mettre en parallèle avec la contamination, il me refusera ces données mais les donnera à l’ORS ; le rapport de l’ORS est toujours secret.

En région PACA également il y a eu la troublante affaire des cancers de la thyroïde des enfants et du registre du professeur Bernard ; conférence de presse d’Annie Sugier, Directrice de l’IPSN , au Monde et au Nouvel Observateur : 3 cancers de 84 à 91 et 14 cancers en 92,93 et 94. Chiffres « rectifiés » par l’intervention de la Direction Régionale de la Santé. Il y aurait eu « erreur dans l’ interprétation des données ».

Il serait très intéressant de savoir qui a fait pression sur l’ORS, sur le Dr Vellutini, mais également sur le professeur Ardisson de Nice, sur Ségolène Aymé…

Concernant également les hypothyroïdies en France j’ai noté une discordance dans les publications ; y aurait-il là aussi une rectification :

193 cas dans la Dépêche sous la responsabilité du Pr Farriaux de Lille

179 cas dans l’étude de M.L. Briard (présidente de l’association française pour le dépistage et la prévention des handicaps de l’enfant).

On se demande encore si l’on peut faire confiance aux épidémiologistes :

Ceux de l’IPSN ou de l’INSERM (Florent de Vathaire par exemple) qui disent « on ne pourra pas mesurer l’impact de Tchernobyl sur la santé », pour cela ils avancent comme arguments que:

- le risque est trop faible pour être statistiquement significatif,

- on n’a pas de point zéro par manque de registre des cancers dans la plupart des régions françaises,

- si l’on trouve davantage de cancers et de nodules c’est que les nouvelles technologies permettent de mieux les dépister.

Si cela est peut-être vrai pour mesurer l’impact sur la santé du césium où un épidémiologie fine serait nécessaire, il n’en est pas de même pour l’iode qui a un organe cible, la thyroïde, et que l’excès de cancer de la thyroïde ou de nodules concernera préférentiellement les groupes à risque (milieu rural de régions contaminées).

La population des enfants nés après janvier 1987 n’a pas été en contact avec l’iode 131, elle peut constituer un point zéro à posteriori par rapport à la population née entre les années 1971 et janvier 87 c’est à dire ceux qui ont entre 13 et 28 ans actuellement.

Aussi faut-il avoir la volonté de mettre en place des registres en ce qui concerne les cancers de la thyroïde chez l’enfant, mais pour le CSSIN (Conseil Supérieur de la Sûreté et de l’Information Nucléaires) « rien ne paraît justifier une approche épidémiologique globale portant sur l’ensemble de la France. En effet il paraît peu probable qu’une telle démarche puisse faire ressortir des taux significatifs d’une quelconque pathologie. »(réunion du 16 décembre 1997). Beaucoup de français pourraient croire que ces registres sont systématiques, mais non, pas en France, allez savoir pourquoi…

Je demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour déterminer toutes les responsabilité, pour faire ressortir les documents de recherche et pour entamer enfin un vrai travail épidémiologique.

Dans cette affaire ce n’est pas l’industrie nucléaire en elle même qui m’inquiète, ce sont les gestionnaires, qui, incapables de prendre les mesures nécessaires en cas de crise s’obstinent dans l’erreur, nient le problème, mentent, trichent entravent les enquêtes et pour finir trouvent une brochette de sommités pour les soutenir et cautionner leurs fautes.

L’erreur est sans doute humaine, bien qu’à ce niveau de responsabilité elle soit gravissime ; l’obstination dans l’erreur est criminelle.