Tchernobyl - Plaidoirie de Maitre Thierry Billet - Cour d’appel de Paris

1 avril 2011

Télécharger la plaidoirie qui vise à obtenir le rejet de la demande de non lieu déposée par M. Pellerin (PDF)

Nuage radioactif de la centrale de fukushima

22 mars 2011

Nous  n’avons pas à ce jour d’informations précises quant à la composition du panache radioactif provenant de la centrale de Fukushima et qui se rapproche de l’Europe, notamment en ce qui concerne les concentrations et les proportions des différents radioéléments, et en particulier des iodes radioactifs.

En tout état de cause, les dilutions devraient être très importantes et le risque pour la santé négligeable.

La prise de comprimés d’iodure de potassium n’est actuellement pas justifiée en Europe.

Il n’est pas nécessaire de modifier ses habitudes comportementales ou alimentaires dans l’état actuel des choses. cf. communiqué de la CRIIRAD du 21 Mars 2011.

Compte tenu du fait que le survol du panache va se poursuivre dans le temps et varier dans sa composition , que nous avons déjà été affectés par les retombées de Tchernobyl et que les effets se cumulent, qu’il sera impossible d’échapper à cette très faible contamination, qu’il est quand même important de ne pas avoir de carences en iode (assez fréquentes en zone de montagne), je préconise à ma famille et mon entourage un badigeonnage de teinture d’iode à 2% (cf PS) :
2ml pour les adultes, les femmes enceintes et enfants de plus de 12 ans
1ml pour les enfants de 3 à 12 ans.
Pour les nourrissons de 1 mois à 3 ans appliquer de la bétadine dermique à 10% sur la peau (environ 1ml).

Ces recommandations sont contre indiquées pour le nouveau né de moins de 1 mois.

Application cutanée à renouveler 3 jours plus tard.

En cas de manque de teinture d’iode la Bétadine dermique peut être utilisée même chez l’adulte en doublant la dose.

Ceci est empirique mais devrait être profitable.

C’est un geste inoffensif si l’on n’a pas d’allergie à ces produits.

La teinture d’iode était autrefois largement utilisée en badigeonnage du torse pour les affections respiratoires et pour les mycoses.

Ce geste est inutile si l’on a eu un examen récent avec produit de contraste iodé ou si l’on a subit une thyroïdectomie totale.

Dr Denis Fauconnier

PS : Pierre Pellerin, directeur du SCPRI en 1986, avait évoqué trop tard l’utilité de l’application locale de teinture d’iode pour protéger la thyroïde des iodes radioactifs.

PS 2 : Il semblerait qu’il soit difficile de se procurer des pastilles d’iode en pharmacie. Cette situation est anormale : Tous les européens et voisins devraient posséder des pastilles d’iode ou pouvoir s’en procurer simplement et rapidement. La dissémination des centrales nucléaires (58 réacteurs en France) et la fréquence des incidents et accidents nous exposent à des urgences sanitaires. En cas de problème majeur, si l’ensemble des citoyens disposaient de comprimés d’iode, ils pourraient suivre la consigne gouvernementale concernant sa prise, dans un délai très court, permettant ainsi une efficacité et donc une protection optimale. Cela eviterait les problèmes de décision gouvernementale en raison de stocks insuffisants et de logistique pour une distribution massive dans un délai très court.

En 1986, la Corse, à 2 000km de Tchernobyl, a été affectée par les retombées radioactives. Des contres mesures, et une prise de pastille d’iodure de potassium auraient été indispensables. La consigne gouvernementale n’est jamais venue, ni pour aucune autre région française. Aucune distribution d’iode à la population n’a été effectuée : Les conséquences sanitaires en Corse sont importantes.

Que faire en cas d’accident nucléaire avec nuage radioactif ?

13 mars 2011

Il est important de rester à l’écoute des informations nationales et privées (CRIIRAD en France www.criirad.org). Ne pas hésiter à écouter les médias frontaliers.

En cas de menace, il peut être utile de se badigeonner par exemple une partie du ventre avec de la teinture d’iode si l’on n’y est pas allergique. Cela peut corriger une éventuelle carence en iode. La teinture d’iode (iode stable) traverse la peau et va se fixer au niveau de la thyroïde. Se procurer des pastilles d’iode stable.

Si le risque se précise, il sera indispensable de prendre des pastilles d’iode stable après consigne des autorités. On devrait pouvoir se procurer en pharmacie des pastilles d’iodure de potassium qui sont dosées à 130mg en France. la teinture d’iode à 2% (4 à 8ml) correspondrait à une pastille d’iodure de potassium à 130mg. En conséquence ne pas cumuler les 2 et éventuellement espacer de 24h la prise de la pastille si l’on s’est badigeonné de teinture d’iode.

Cela va saturer la thyroïde en iode stable, et empêcher ainsi la fixation ultérieure des iodes radioactifs, qui sont susceptibles de conduire à des cancers de la thyroïde.


Posologie journalière (source irsn.fr, fiche sur la prise d’iode)
Circulaire du Ministère de l’Intérieur et du Ministère de la Santé du 18 Août 1992 relative  à l’administration d’iode stable en cas d’accident nucléaire.
Comprimés quadrisécables conditionnés sous blister (par boîte de 10, ou de 100) comprenant 130 mg
d’iodure de potassium soit 100 mg d’iode stable.
1 cp pour les adultes, enfants > 12 ans
1 cp pour les femmes enceintes
1 cp pour les femmes en période de lactation
½ cp pour les enfant (3 à 12 ans)
¼ cp pour les nourrissons (< 3 ans)
Les comprimés peuvent  être dissous dans une boisson (lait, jus de fruit, eau sucrée). Si possible,
les comprimés ne doivent pas être pris à jeun.
S’il s’agit du passage d’un nuage radioactif durant un court laps de temps, une seule prise est
suffisante. Une simple prise ne protège pas plus de 36 heures.

On peut trouver en Europe des pastilles dosées à 65mg.

Après consigne, une deuxième prise peut être nécessaire, si le risque persiste.

Si l’on ne trouve pas de pastilles d’iode on peut les remplacer par un badigeonnage de teinture d’iode sur le corps, teinture d’iode à 2% à la dose de 4 à 8 ml pour les adultes (cf. pharmacorama 25/10/2001)

La dose protectrice optimale d’iode stable est en fait variable d’un pays à l’autre, et dépend de l’apport alimentaire habituel en iode stable. Elle est moindre pour les populations dont l’alimentation est riche en iode et plus élevée pour les populations carencées.


Il est important d’éviter les déplacements inutiles, et de rester à l’abri. Faire des provisions d’eau potable, et d’alimentation. S’équiper d’un poste de radio avec des piles de rechanges. Se préparer à des pannes de courant et de téléphone fixe.

N’oubliez pas de fermer portes extérieures et fenêtres. Colmater aérations. Réduire la circulation d’air par obturation partielle des interstices des portes et fenêtres avec des rouleaux autocollants et chiffons humides au sol. Arrêter climatiseur et ventilation. Obturer les cheminées.

Déconnecter les systèmes de récupération d’eau de pluie.

Rentrer les animaux domestiques.

Rentrer le linge étendu.

Retirer tapis, tentures et coussins, que l’on remisera sous plastique.

Si possible, couvrir les légumes du potager avec des films plastiques.

Pour les sorties obligatoires en cas de pluie, mettre un imperméable plastique et des bottes en caoutchouc.

Pour les agriculteurs, si possible, rentrer le bétail, diminuer les systèmes de ventilation, couvrir les fourrages et ensilages, fermer les serres.

Toutes ces mesures, pour être efficaces, doivent être préventives, c’est à dire, être faite avant d’éventuelles retombées radioactives. En respectant ces consignes, vous serez prêt à une éventuelle période de confinement passagère. Pour le confinement, privilégier des bâtiments en dur.

Mais aussi, il est important de se préparer à une éventuelle évacuation que devrait vous indiquer les autorités si le risque devenait trop important, avec pour chaque personne, un sac en plastique où l’on mettra les affaires importantes : médicaments, linges et chaussures de rechanges, affaires de toilettes, papiers importants.

En cas d’évacuation, il faut couper l’eau, l’électricité et le gaz et respecter les consignes d’évacuations officielles.

Après contamination radioactive avérée éviter la consommation de produits frais (légumes , fruits, laitages, fromages frais…).
Éviter les grossesses.

Il est important de savoir qu’en cas de fuites radioactives ou d’explosions nucléaires, on peut avoir des retombées radioactives “en taches de léopard”, c’est à dire des dépôts très hétérogènes au sol et des contaminations très préjudiciables pour la santé humaine jusqu’à plusieurs centaines, voir plusieurs milliers de kilomètres en fonction des conditions météorologiques.

Dr Fauconnier

AFMT - Association Française des Malades de la Thyroïde

19 juin 2010

Cliquez ici pour télécharger le formulaire de plainte, a renvoyer à l’Association Française des Malades de la Thyroïde.
Adresse de l’AFMT : BP1 82700 BOURRET
Tel : 05 63 27 50 80
Mail : asso.thyroide@worldonline.fr

Article Corse Matin 8 Mai 2009 - Appel à la population

18 mai 2010

Cliquez ici pour télécharger le formulaire de plainte, a renvoyer à l’Association Française des Malades de la Thyroïde.

Source : Corse Matin
http://www.corsematin.com/ra/corse/253614/bastia-la-balle-est-dans-le-camp-des-victimes

La balle est dans le camp des victimes

Paru aujourd’hui, samedi 8 mai 2010
Le Dr Denis Fauconnier lance un appel à la population pour apporter les preuves que le nuage de Tchernobyl a fait des victimes sur l’île.

Il y a urgence à agir ». C’est ce qu’aura retenu le Dr Denis Fauconnier de son entretien avec Marie-Odile Bertella-Geffroy, la première juge d’instruction au pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris. Une visite concernant le procès Tchernobyl qui s’est tenue le 22 avril dans la capitale - et qui a bien failli être annulée en raison du nuage de cendres volcaniques - mais qui a finalement amorcé le compte à rebours dans l’affaire de la reconnaissance des victimes du nuage radioactif.

L’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), de même que la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), conduite par la députée européenne Michèle Rivasi, se sont également rendues au rendez-vous fixé par le juge d’instruction.

Une centaine de plaintes corses sur les 650 déposées

Pour l’heure, cette longue instruction traite 650 plaintes, dont une centaine concernant des victimes insulaires. Mais devant la demande de non-lieu présentée par le parquet de Paris, tous ont décidé de tirer la sonnette d’alarme. Les travaux et les enquêtes de terrain se multiplient pour tenter d’apporter matière pour s’opposer à cette requête dont le délibéré devrait être rendu courant septembre. Un entretien balayé de révélations qui, selon le médecin installé en Balagne, ex-membre de la commission dite « Tchernobyl » à l’ancienne assemblée de Corse, prouve qu’il est encore temps de souffler sur ce nuage pour dévoiler la vérité. « La juge nous a appris que la consommation de Levothyrox - médicament de la thyroïde - a presque été multipliée par dix depuis 1986, sur le plan national. Ce qui atteste une fois de plus de l’impact de la catastrophe nucléaire sur la population ».

« L’obligation de lancer un appel à la population »

Un élément nouveau qui intervient comme une piqûre de rappel pour témoigner des conséquences sanitaires essuyées par les habitants, en particulier les enfants nés au deuxième semestre 1986. Le Dr Denis Fauconnier estime aujourd’hui « être dans l’obligation de faire un appel à la population pour savoir si des problèmes de santé sérieux sont à signaler ». Autant de situations qui pourraient corroborer le rapport de causalité établi au hasard de rencontres. « J’ai plusieurs cas de pathologies sévères qui sont apparues ces douze dernières années en Balagne. Ces jeunes adultes, aujourd’hui âgés de 23 ans, ont tous été soignés pour des cancers à Marseille. J’ai eu connaissance de ces dossiers sans même mener d’enquête. Peut-être y a-t-il encore d’autres victimes », s’interroge le médecin.

Une nouvelle fois, la demande d’un registre des cancers, différée depuis vingt ans, est pointée du doigt. À cela s’ajoute une étude épidémiologique qui piétine, mais que l’on ne cesse de présenter tel le sésame qui lèverait le voile sur les retombées de cette catastrophe. Autant de lenteur dans les projets, de promesses ayant volé en éclats qu’il est temps de démêler. Car pour le Dr Denis Fauconnier, « il faut maintenant prouver qu’on est des victimes de Tchernobyl ».

Pour toute information, contacter le Dr Denis Fauconnier au 04.95.61.07.43 ou fauconnierdenis@gmail.com
Julie Quilici

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TelePaese - Absence de registre des cancers en Corse

27 février 2010

Reportage de Telepaese sur l’absence de registre des cancers en Corse. Interview du Dr Denis Fauconnier et du journaliste Jean Charles Chatard

Présentation

12 juillet 2008

Pour télécharger la version Doc de ces pages pour une impression, ou une consultation hors ligne, cliquez ici.

En 1986 médecin de campagne installé en Haute-Corse, en Balagne, un région pastorale, depuis 1979.

Diplômé des sciences agronomiques et techniques après des études au lycée agricole et horticole d’Antibes et d’Aix Valabre.

Auteur d’une thèse de doctorat sur la pollution de la Méditerranée par les rejets des boues rouges de la société Montédison (faculté de Nice 1979).

Premier écho de l’accident de Tchernobyl lors de l’enterrement de ma belle-mère le 28 avril 86 puis par RMC le 2 mai, qui signale une augmentation de la radioactivité sur la Principauté de Monaco.

Des patients qui reviennent d’Italie (Italie continentale et Ile d’Elbe) m’informent de contre-mesures draconiennes (éviction de tous produits frais végétaux et animaux) et me donnent à lire des comptes-rendus de mesures de confinement prises par les militaires américains basés à Pise, en Italie.

Précautions au centre militaire de Pise

1ère partie - Preuves d’une importante contamination du sud-est et de la Corse

11 juillet 2008

Je téléphone donc à la cellule d’information et l’on me donne une moyenne pour le sud-est, devant mon étonnement du manque de données précises sur la Corse et mon insistance le SCPRI me propose d’analyser le lait de ma région. J’envoie deux échantillon de lait de brebis.

Voici les résultats :
échantillon du 26 mai 350Bq d’iode 131/L
échantillon du 27 mai 320Bq/l
sachant que la période de l’iode est de 8 jours je m’inquiète et m’empresse d’adresser un autre échantillon dans un laboratoire parisien et plusieurs autres à la faculté de Lyon par l’intermédiaire de la CRIIRAD.

Les résultats sont de 150Bq/L pour le lait du 10 juin, compte tenu de la période effective de l’iode 131 dans le lait de chèvre déterminée par le CEA, qui est de 4,5 jours, cela signifie que pour cette valeur de 150Bq, l’activité initiale au 2 mai était de l’ordre de 70 000Bq/L.


Plus tard nous retrouverons dans les bulletins du SCPRI une valeur de 4 400Bq le 12 mai ce qui correspond à une activité initiale de 24 000Bq (en Haute-Corse, sans précision de lieu).


Ces données sont corroborées par les analyses du sol :5 prélèvements réalisés en Haute-Corse par la CRIIRAD, dont les résultats d’analyse donnent une contamination s’échelonnant de 3 000 à 30 000Bq de césium 137 ; or il y avait 5 à 8 fois plus d’iode 131 que de césium 137 dans les dépôts, soit des dépôts d’iode de 15 000 à
240 000Bq/m2 avec une moyenne de 84 000Bq.

D’après le logiciel ASTRAL mis au point par l’IPSN cela correspond à une contamination moyenne du lait de chèvre et de brebis en Haute-Corse de 40 000Bq d’iode 131 par litre de lait le 2 mai (compte tenu que les dépôts ont commencé le 30 avril 86).


Ceci est également corroboré par les analyses du foin engrangé qui nous donnaient une activité initiale de 60 000 à 80 000 Bq/Kg (iode 131) au début mai.
Il est établi que l’on retrouve dans un litre de lait la moitié de l’activité contenue dans un Kg de foin consommé.

Nous sommes donc très loin des normes réglementaires
et des TRACES DE PARTICULES évoquées par le Pr Pellerin
.

La Corse est la seule région française apparemment où il y avait toujours de l’iode 131 dans l’environnement à la mi-juillet 86 soit 2 mois ½ après le passage du nuage (il reste à ce moment-là 2 pour mille de la dose initiale ! !)
Du thym récolté le 14 juillet 1986 contenait toujours 340Bq d’iode 131 ! (2)
Dans le nord de la Sardaigne, au sud de la Corse, les laits de brebis et de chèvre dépassaient les 10 000Bq d’iode 131.

2ème partie - Particularités de la population Corse

11 juillet 2008

Plusieurs facteurs ont contribué à l’exposition de la population corse :

  • Importance des populations rurale et pastorale en particulier.
  • Carences en iode des populations vivant en montagne.
  • Production et consommation de lait de chèvre.
  • Fabrication et consommation de fromage frais de chèvre et brebis (pour faire un fromage il faut 4 litres de lait).
  • Processus particulier de fabrication du brucciu à base de petit lait.
  • Circuits de distribution très courts.
  • Rapidité de fabrication du fromage.
  • A cette époque de l’année (printemps) les potagers sont en pleine production.
  • Importance du relief : l’IPSN a bien mis en évidence le fait que les dépôts augmentent avec l’altitude.
  • Concentration du nuage en R.A.
  • Pluie et brouillard fin avril et début mai 86. Des précipitations sur près de la moitié des deux départements ont accentué les dépôts au sol.

3ème partie - Estimation de la contamination des populations

10 juillet 2008

Il y a de jeunes corses élevés au lait de chèvre et beaucoup consomment régulièrement du fromage frais et du brucciu et non des « petits suisses » ; entre le lait de chèvre, le fromage frais, le brucciu, un enfant peut ingurgiter sans problème dans la journée l’équivalent de 2 litres de lait de chèvre ou de brebis, soit 80 000Bq d’iode 131 au début du mois de mai ou encore 600 000Bq en 40jours compte tenu de la décroissance.

Ingérer 600 000Bq d’iode 131 délivre à la thyroïde.

260mSv pour un adulte

570mSv pour un enfant de 10 ans.

1,14Sv pour un enfant de 5 ans .

Le Professeur Cogné, Directeur de l’IPSN admettra qu’un enfant de 10 ans ait pu recevoir 90mSv à la thyroïde ; de son côté la Société Française de Radioprotection admettra que les enfants corses aient pu recevoir des doses à la thyroïde de 30 à 170mSv, bien en-deçà de notre propre estimation mais par contre très au-dessus de la limite fixée par le décret du 15/06/66 en vigueur en France en 86, soit 15mSv.

A nos estimations de contamination par les produits laitiers il faut ajouter la contamination par inhalation et par ingestion des autres aliments, surtout les légumes très abondants à cette époque de l’année, notamment les salades et autres légumes à larges feuilles, qui ont la propriété de récolter beaucoup de bequerels.

Mais il n’y a pas eu que de l’iode 131, il y avait d’autres isotopes radioactifs de l’iode dont l’impact est loin d’être négligeable et tous les autres radioéléments les plus importants étant retrouvés dans la salade de Mandelieu.

Dans les champs de maraîchers il y a à peu près 9 salades au m2 ; si la pluie n’a pas été trop abondante la salade a pu fixer la presque totalité des retombées.

Les populations rurales et pastorales du Sud-Est et de l’arrière pays niçois se sont trouvées dans des conditions similaires.

Pellerin a ignoré tous ces facteurs particuliers et se retranche derrière des moyennes de contamination et des alimentations standards de citadins.

La radioprotection doit protéger tous les individus y compris les « groupes critiques », même s’ils sont en nombre limité au sein de la population française.

Les estimations de contamination de ces populations rurales sont, en ce qui concerne la thyroïde, du même ordre de grandeur que celle faite pour une importante proportion de jeunes ukrainiens ou biélorusses.

C’est la rançon de l’absence totale de contre-mesures.

Le cancer de la thyroïde a déjà frappé près d’un millier de jeunes ukrainiens et biélorusses.

En Corse cette contamination de la population ne peut pas rester sans conséquences sanitaires.

On est déjà stupéfait par le nombre de problèmes thyroïdiens ; les spécialistes se posent des questions (Pr Santini de Nice par exemple) , j’ai de mon côté essayé de faire un travail d’épidémiologie.

Dès 1986, après enquête, j’ai trouvé un excès de cas d’hypothyroïdie néonatale en Corse :

Entre 1980 et 1985 il y a eu 6 cas d’hypothyroïdie néonatale en Corse, soit une moyenne d’un cas par an ;

J’ai répertorié 5 cas pour la seule année 86, dont 4 cas entre le 15 mai et le 15 octobre.

De même en région PACA il y avait une moyenne de 9 cas par an, en 86 il y a eu 23 cas !

Dans ma propre clientèle j’ai constaté une augmentation des problèmes thyroïdiens, ce que confirmera le Dr Vellutini seul endocrinologue de Haute-Corse à l’époque.

En 1983, 84 et 85 la proportion de ces nouveaux patients consultant pour un problème thyroïdien est stable par rapport aux autres pathologies endocriniennes de 7,06 à 7,60%, en 1987 cette proportion passe à 20%, soit une augmentation de 172%. J’ai demandé au Dr Vellutini de me donner des précisions sur l’évolution des pathologies mois par mois et sur les lieux de résidence des patients pour les mettre en parallèle avec la contamination, il me refusera ces données mais les donnera à l’ORS ; le rapport de l’ORS est toujours secret.

En région PACA également il y a eu la troublante affaire des cancers de la thyroïde des enfants et du registre du professeur Bernard ; conférence de presse d’Annie Sugier, Directrice de l’IPSN , au Monde et au Nouvel Observateur : 3 cancers de 84 à 91 et 14 cancers en 92,93 et 94. Chiffres « rectifiés » par l’intervention de la Direction Régionale de la Santé. Il y aurait eu « erreur dans l’ interprétation des données ».

Il serait très intéressant de savoir qui a fait pression sur l’ORS, sur le Dr Vellutini, mais également sur le professeur Ardisson de Nice, sur Ségolène Aymé…

Concernant également les hypothyroïdies en France j’ai noté une discordance dans les publications ; y aurait-il là aussi une rectification :

193 cas dans la Dépêche sous la responsabilité du Pr Farriaux de Lille

179 cas dans l’étude de M.L. Briard (présidente de l’association française pour le dépistage et la prévention des handicaps de l’enfant).

On se demande encore si l’on peut faire confiance aux épidémiologistes :

Ceux de l’IPSN ou de l’INSERM (Florent de Vathaire par exemple) qui disent « on ne pourra pas mesurer l’impact de Tchernobyl sur la santé », pour cela ils avancent comme arguments que:

- le risque est trop faible pour être statistiquement significatif,

- on n’a pas de point zéro par manque de registre des cancers dans la plupart des régions françaises,

- si l’on trouve davantage de cancers et de nodules c’est que les nouvelles technologies permettent de mieux les dépister.

Si cela est peut-être vrai pour mesurer l’impact sur la santé du césium où un épidémiologie fine serait nécessaire, il n’en est pas de même pour l’iode qui a un organe cible, la thyroïde, et que l’excès de cancer de la thyroïde ou de nodules concernera préférentiellement les groupes à risque (milieu rural de régions contaminées).

La population des enfants nés après janvier 1987 n’a pas été en contact avec l’iode 131, elle peut constituer un point zéro à posteriori par rapport à la population née entre les années 1971 et janvier 87 c’est à dire ceux qui ont entre 13 et 28 ans actuellement.

Aussi faut-il avoir la volonté de mettre en place des registres en ce qui concerne les cancers de la thyroïde chez l’enfant, mais pour le CSSIN (Conseil Supérieur de la Sûreté et de l’Information Nucléaires) « rien ne paraît justifier une approche épidémiologique globale portant sur l’ensemble de la France. En effet il paraît peu probable qu’une telle démarche puisse faire ressortir des taux significatifs d’une quelconque pathologie. »(réunion du 16 décembre 1997). Beaucoup de français pourraient croire que ces registres sont systématiques, mais non, pas en France, allez savoir pourquoi…

Je demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour déterminer toutes les responsabilité, pour faire ressortir les documents de recherche et pour entamer enfin un vrai travail épidémiologique.

Dans cette affaire ce n’est pas l’industrie nucléaire en elle même qui m’inquiète, ce sont les gestionnaires, qui, incapables de prendre les mesures nécessaires en cas de crise s’obstinent dans l’erreur, nient le problème, mentent, trichent entravent les enquêtes et pour finir trouvent une brochette de sommités pour les soutenir et cautionner leurs fautes.

L’erreur est sans doute humaine, bien qu’à ce niveau de responsabilité elle soit gravissime ; l’obstination dans l’erreur est criminelle.