Impact sanitaire de tchernobyl en France.

3 novembre 2016

Histoire d’un contrôle de la politique sur les études scientifiques

L’institut de veille sanitaire devenu cette année agence nationale de santé publique en flagrant délit de tromperie.

Le ministère de la santé tarde à s’expliquer.

Par courrier en date du 1er juin, l’AFMT,l’association Henri Pézerat, le Dr Fauconnier et la CRIIRAD interpellaient Mme Marisol Touraine sur des anomalies graves identifiées dans des publications de l’InVS relatives à l’augmentation de l’incidence du cancer de la thyroïde. cliquez ici pour consulter ce courrier.

——————————————————————–

Communiqué commun du 24/10/2016
Se sont associés à la CRIIRAD, le Dr Denis FAUCONNIER,
Annie THÉBAUD-MONY (Association Henri PÉZERAT & GISCOP93) et Chantal LHOIR (AFMT)

« Épidémie » de cancers de la thyroïde :
Faut-il poursuivre l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) pour délit de tromperie ?

L’InVS a célébré le 30ème anniversaire de la catastrophe de TCHERNOBYL avec un rapport qui constitue un véritable déni de droit pour les victimes, passées et à venir, des polluants cancérogènes.
L’augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïde ne serait pas réelle mais proviendrait pour l’essentiel de l’amélioration du dépistage et de la découverte de micro-cancers qui n’auraient jamais atteint de stade clinique. Rien ne prouverait, en particulier, le rôle des pollutions radioactives.
Le 1er juin 2016, en réaction à cette publication, le Dr Fauconnier, l’Association Française des Malades de la Thyroïde, l’Association Henri Pézerat et la CRIIRAD ont adressé une demande au ministère de la Santé, ministère de tutelle de l’InVS.
Cinq mois plus tard, en dépit d’une relance, aucune réponse de fond n’est encore parvenue. Les signataires ont donc décidé de rendre publique leur critique des travaux de l’Institut de Veille sanitaire : méthodologie inadaptée, données non actualisées, erreurs de raisonnement.
Cet institut est désormais intégré dans Santé publique France qui a pour mission de « protéger efficacement la santé des populations », « d’anticiper et d’alerter par la veille et la surveillance épidémiologique ». Les associations demandent à Mme Touraine, ministre de la santé, des actes concrets prouvant la réalité de ces engagements : la publication de toutes les données d’incidence sur le cancer de la thyroïde et la correction des erreurs de raisonnement qui biaisent l’analyse des données et conduisent à masquer l’impact de Tchernobyl.
Cela fait 30 ans que les autorités françaises s’emploient à étouffer le bilan sanitaire de l’accident de Tchernobyl. Par exemple, aucune enquête officielle n’a jamais été ouverte, en dépit de demandes répétées, sur le pic d’hypothyroïdies néonatales de 1986, alors qu’il constitue la preuve de l’importance de la contamination subie par la population et de la réalité des dommages. Pour que ceci ne se reproduise jamais, des garanties et des outils doivent impérativement être mis en place.
Face à l’explosion de l’incidence des cancers, il est impératif de mettre en œuvre des registres de cancer qualitatifs, documentant l’exposition personnelle et professionnelle des malades, et de réorienter d’urgence la recherche en santé publique, afin qu’elle soit effectivement au service de la connaissance, de la reconnaissance et de la prévention.

Lire la critique des travaux de l’InVS, communiqué de presse du 24 Octobre 2016.

L’affaire du registre des cancers PACA Corse arrêté prématurément en 1996

18 octobre 2016

Avant 1999 la France possède 7 registres régionaux de cancers pédiatriques. Le registre de la région PACA/ Corse est ouvert en 1984. (réf.1) Le 8 mars 1996 les épidémiologistes de l’IPSN rencontrent à Marseille les responsables du registre. Le 28 mars 1996 Annie Sugier, Directrice de l’IPSN (institut de protection et de sûreté nucléaire) fait une conférence de presse devant les journalistes du Nouvel Observateur ; l’AFP sort une dépêche, le Monde en fait sa Une : le registre PACA/Corse a enregistré un excès de cancers de la thyroïde pendant la période 92/94. 14 cas sur ces 3 années alors que l’on avait seulement enregistré 3 cas entre 1984 et 1991, donc 3 cas en 8 ans. (réf.2 et réf.3) Ces chiffres sont accablants. Autour de Tchernobyl , en Biélorussie, c’est précisément au cours de ces années qu’ont été enregistrées les augmentations de cancers de la thyroïde de l’enfant. Une semaine plus tard la DGS (Direction Générale de la Santé) apporte un démenti. Il y aurait eu une erreur et une nouvelle répartition des cas est mise en avant. L’IPSN et l’ORS PACA s’étaient engagés « à vérifier l’exhaustivité des données recueillies par le registre régional et les analyser », propos publiés dans le Provençal/la Corse du 5 avril 1996 (réf.4 et 5). On n’a plus eu d’autres explications mais le plus troublant est que le registre a cessé de fonctionner à cette époque (1996) ! quand un registre dérange on l’arrête. (réf. 6) il est fort probable que ce registre avait également enregistré l’augmentation des leucémies aiguës de l’enfant constatées en Corse. En Belgique le Professeur Luc Michel (à l’Université Catholique de Louvain) a chiffré la recrudescence des cancers de la thyroïde des enfants dans son unité médicale spécialisées dans les glandes endocrines à l’hôpital de Mont Godinne.

Docteur Denis Fauconnier

L’excès des hypothyroïdies néonatales en région PACA Corse en 1986

14 octobre 2016

Le test de dépistage systématique des hypothyroïdies à la naissance est réalisé en France depuis 1978 (réf.1).

Entre 1978 et 1985 322009 tests de dépistage ont été effectués dans la région PACA-Corse. 75 cas d’hypothyroïdies néonatales ont été dépistés en 8 ans. Soit une fréquence de 1 cas pour 4293 tests, soit une moyenne de 9,3 cas par an avant 1986.

Dans cette même région 56508 tests ont été effectués en 1986, il a été dépisté 23 cas d’hypothyroïdies néonatales, ceci représente un cas pour 2457 tests, soit un excès de 14 cas par rapport à la moyenne.

Ces chiffres sont éloquents. Les départements et surtout les mois de naissance des cas recensés en 1986 sont nécessaires pour se prononcer de manière irréfutable.

Les organismes centralisateurs, les différents ministères et DGS (direction générale de la santé) ont refusé de nous donner ces informations.

Pour la Corse nous avons pu néanmoins obtenir des informations auprès des médecins spécialistes de la DASS et de la population.

Corse du Sud

Haute Corse

Total Corse

1980

0

2

2

1981

0

2

2

1982

0

0

0

1983

0

0

0

1984

0

0

0

1985

1

1

2

1986

3

2

5

Donc une moyenne de 1 cas par an pour la Corse avant 86 pour 2800 naissances et 5 cas en 1986 dont 4 cas survenus entre le 15 mai et le 15 octobre 1986.

N.B. : les 2 cas dépistés en Haute Corse en 1986 seraient nés en juillet. (témoignage du pédiatre hospitalier de Bastia). Pourtant nous avons connaissance d’un cas survenu en septembre 86 (originaire d’une famille d’éleveur de Castagniccia). Ce cas ne serait donc pas répertorié…

Pour les années suivantes l’équipe de l’Hôpital Galliera publie les données à partir de 1995.

De 1995 à 2003 il a été dépisté 12 cas durant ces 9 années, soit une moyenne de 1,33 cas par an. Certes la cohorte n’est pas importante mais il y a bien eu un pic en 1986. Cela constitue un marqueur de premier ordre. La logique aurait voulu que les hypothyroïdies de PACA-Corse aient fait l’objet d’une analyse. L’équipe de l’hôpital Galliera n’a pas pu obtenir les chiffres avant 1990, notamment ceux de 1986.Les données du registre de l’hôpital de Marseille AREDEMAG ne sont disponibles qu’à partir de 1990 or les données précédant cette date existent bel et bien mais ne sont pas accessibles. D’autres personnes qui ont voulu se pencher sur le pic de 1986 en ont été dissuadées.

Pour la France entière à propos du nombre de cas d’hypothyroïdies néonatales en 86 on note des incohérences dans les publications :

179 cas pour M.L. Briard (Paris) dans son article « l’explosion de Tchernobyl a-t-elle augmenté l’incidence des hypothyroïdies congénitales en France ».

193 cas pour les statistiques officielles centralisées par le Professeur Farriaux (hopital Huriez de Lille) publiées dans le bulletin de liaison « la dépêche ».

Docteur Denis Fauconnier

Gestion politique de Tchernobyl en periode critique

12 mai 1986, les ervices vétérinaires de Bastia prélèvent un échantillon de lait envoyé pour analyse au SCPRI du PR. Pellerin. résultat 4400 becquerels d'Iode 131 par litre de lait.
12 mai 1986, les services vétérinaires de Bastia prélèvent un échantillon de lait envoyé pour analyse au SCPRI du PR. Pellerin. résultat 4400 becquerels d’Iode 131 par litre de lait

Le SCPRI lui-même calcule que le 3 mai, ce lait contenait 17600 Becquerels par litre, soit 35 fois la limite autorisée.
Le SCPRI lui-même calcule que le 3 mai, ce lait contenait 17600 Becquerels par litre, soit 35 fois la limite autorisée.

Mi-mai en urgence une réunion secrète se tient au ministère de l'intérieur de Charles Pasqua.
Mi-mai en urgence une réunion secrète se tient au ministère de l’intérieur de Charles Pasqua.Extrait d’une note secrète envoyée aux préfets en direction des DASS :
-contaminations très élevées
-Accord entre le SCPRI et l’IPSN pour taire les faits chiffrés de la contamination

15 mai, extrait d'une discussion entre le président de la république et le directeur de la Répression des fraudes.
15 mai, extrait d’une discussion entre le président de la république et le directeur de la Répression des fraudes : “Les informations ne doivent pas nous desservir”.

mi mai, matignon décide l'exportation frauduleuse des produits frais.
Mi mai, matignon décide l’exportation frauduleuse des produits frais.

Réflexions sur les rapports de l’InVS d’avril 2016 et d’avril 2006 concernant les cancers de la thyroïde après l’accident de Tchernobyl

2 mai 2016

Dans le rapport d’avril 2016, pour la période 2003-2007,  on  reconnait que ce sont des registres français et italiens qui montrent les plus fortes incidences du cancer de la thyroïde en Europe.

On s’étonne que, dans ce rapport, on n’ait pas de données chiffrées après 2012 alors que  les augmentations d’incidence sont importantes ;  et surtout, que n’ait pas été publiée l’évolution des taux d’incidence pour les cohortes de moins de 30 ans alors que ces données se retrouvent dans le rapport d’InVS 2006. Dans ce dernier rapport, la tranche des jeunes de 10 à 14 ans ou même  0-14 ans, pour la période 1997-2001, affichent une très forte augmentation d’incidence par rapport aux périodes antérieures malgré l’exclusion des données de la Région PACA-CORSE. Par ailleurs, dans ce rapport,  il est précisé que ces augmentations ne semblent pas liées au dépistage de tumeurs de petites tailles.

Dans le rapport de 2006, concernant les augmentations d’incidence des enfants et adolescents, une analyse approfondie est faite en partant du principe  que les jeunes nés après le 1er  juillet 1986 n’ont pas pu être contaminés par les retombées radioactives du nuage de Tchernobyl. Deux erreurs fondamentales entachent ce principe :

la première est que même  l’iode  131 radioactif d’une période de 8 jours est toujours présent dans l’environnement de plusieurs régions au cours du mois de juillet 1986 ;

la seconde est que  la cohorte des jeunes nés du 1 juillet 1986 au début de l’année 1987, contaminés à l’état de fœtus, constitue une population encore plus vulnérable vis-à-vis des radioéléments.

En conséquence, cette analyse devrait être reprise en fonction de ces observations. On peut se demander comment de telles erreurs fondamentales aient pu échapper au Comité de lecture de l’InVS avant publication dans le B.E.H..

Docteur Denis FAUCONNIER
Le 2 mai 2016

Tchernobyl, 30 ans après la catastrophe - France 3 Corse Via Stella

30 avril 2016

Le 26 avril 1986, à 01h23, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explosait au cours d’un test de sûreté. Aujourd’hui, le bilan humain de la catastrophe fait toujours débat, malgré des enquêtes sur l’augmentation du nombre de cancer de la thyroïde.

Suite ici Tchernobyl, 30 ans après la catastrophe - France 3 Corse Via Stella

Intervention Dr Fauconnier sur Telepaese

30 avril 2016

Erratum : 4min14s : Le 1er juillet 1986, et non le 1er janvier comme dit dans la vidéo.

Nutiziale du 28 Avril 2016
Cummemurazione di i 30 anni di Tchernobyl.
Intervista di Denis Fauconnier : Duttore
Telepaese du 28 Avril 2016

BD Tchernobyl Le Nuage Sans Fin

21 avril 2016

“L’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) publie une bande dessinée basée sur des pièces du dossier d’instruction de son procès perdu contre l’État français. Les planches racontent comment il a minimisé les conséquences de Tchernobyl sur le territoire national, au mépris de la santé des citoyens. ” Article à lire sur Slate.fr

Vous pouvez commander cette bande dessinée en envoyant un chèque de 15€, tarif public, plus 6€ de frais de port (6€ jusqu’à 3 exemplaires) à l’ordre de “Dr Fauconnier Denis”,à l’adresse suivante : Couvent de Tuani, 20226 Costa. Merci d’indiquer vos nom et adresse, que nous puissions vous faire parvenir votre exemplaire. La livraison se fera via la poste, en enveloppe à bulles.
Plus d’informations au 0626765563.

couverture

Site officiel de l’association française des malades de la thyroide.

Lettre à la CTC - remarques sur l’étude italienne - 06/11/2013

10 janvier 2016

Docteur Denis Fauconnier

Aux membres de la commission Tchernobyl de la CTC

Parmi les indicateurs de premier plan de l’impact d’une pollution nucléaire sur la santé des populations j’ai toujours insisté sur l’étude des hypothyroïdies néonatales, des cancers de la thyroïde de l’enfant et de l’adolescent, des leucémies de l’enfant.

Je n’ai trouvé dans les résultats de l’étude italienne aucune réponse et démarche satisfaisante.

1. l’étude des hypothyroïdies néonatales :

Nous ne retrouvons dans le rapport que des données à partir de 1995 pour la Corse et les régions « limitrophes », ce qui ne présente strictement aucun intérêt pour notre étude puisque l’effet des iodes radioactifs est immédiat sur ce type de pathologie. Existence ou non d’un excès en 1986 était la réponse attendue.

L’équipe italienne écrit en ce qui concerne la région PACA-Corse « pas de données disponibles avant 1990 » c’est ce qu’on leur a dit mais c’est totalement faux. (cf. ci-joint) : il y a manifestement mensonge et refus de communiquer les données à une équipe de chercheurs, ce qui n’est pas acceptable. Un pic dans le nombre de cas d’hypothyroïdies néonatales existe bien en 1986 en Corse. Cf. ci-joint

2. les leucémies de l’enfant :

L’étude italienne montre une augmentation du taux d’incidence des leucémies aiguës de l’enfant entre la cohorte exposée et les cohortes non exposées, sans que cette augmentation ne soit statistiquement significative. Ces résultats m’imposent deux remarques :

on ne peut pas dire que la cohorte des enfants nés et malades après 86 constitue une cohorte non exposée. Les leucémies ne sont pas spécifiquement induites par les iodes radioactifs de courte durée, l’irradiation a pu être faite après 86 par les radioéléments de période plus longue tels les césiums 134 et 137 ; une irradiation de cellules germinales ou des gamètes n’est pas à écarter.

il est regrettable que nous ne disposions pas de graphique où figure le nombre de cas de leucémies en fonction de l’année de naissance. Nous avons remarqué en Corse un excès de leucémie de l’enfant pour les cohortes nées en 85 et 86. Peut-être les données n’étaient pas disponibles.

3. les cancers de la thyroïde :

L’augmentation après avoir éliminé tous les facteurs de confusion n’est pas significative, voire inexistante, pourtant dans sa critique du rapport l’INVS place la Corse parmi les régions où l’incidence du cancer de la thyroïde est la plus forte de France avec l’Isère et la Vendée (réseau Francim) pour les périodes 1998-2001 et 2002-2006 et cette incidence a augmenté entre les deux périodes.

Il est bon de préciser que l’Isère qui possède un registre des cancers et qui a subi d’importantes retombées de Tchernobyl a enregistré une augmentation des cancers de la thyroïde de 500% en 20 ans à partir de 1986 et plus précisément une augmentation de 800% du cancer papillaire de la thyroïde qui est la forme radio-induite.

Par ailleurs le cancer de la thyroïde est devenu en Isère la première localisation cancéreuse chez les jeunes femmes de 15 à 29 ans à partir des années 2002. (Impensable avant les années 80)

Comment se fait-il que l’étude italienne n’ait pas montré cet accroissement de l’incidence reconnue officiellement ? Est-ce une exagération de la prise en compte des facteurs de confusion ?

En ce qui concerne les cancers de la thyroïde de l’enfant il est impératif d’exiger toute la transparence sur l’arrêt prématuré du registre régional des cancers de l’enfant de la région PACA-Corse. Registre ouvert en 1984 – stoppé en 1996, après la découverte d’une anomalie, un excès de cancers de la thyroïde en PACA-Corse (cf.détail ci-joint).

Quand un registre dérange on l’arrête.

A ce propos, nous avions entendu, à la CTC, en juin 2006, Florent de Vathaire , directeur de recherche à l’INSERM , qui cherchait une aide financière pour son étude de cas témoins qui concernait des adultes jeunes de l’Est de la France, Corse comprise, qui avaient moins de 15 ans en 1986 et qui ont développé un cancer de la thyroïde entre 2002 et 2006.

Il a ainsi retrouvé 850 cas pour cette période qu’il a étudié : interrogatoire approfondi et analyses chromosomique et génétique. Cohorte qu’il a comparée à 850 cas témoins sains. Pour finaliser l’étude il lui fallait disposer de la carte de France des dépôts radioactifs de Tchernobyl établie par l’IRSN pour tenter d’établir une corrélation entre les pathologies et l’intensité des dépôts radioactifs. Demande faite en 2008. En 2011 il n’avait toujours rien obtenu. M. Repussard, directeur général de l’IRSN, n’a pas voulu délivrer les données « Nous avons voulu éviter à M. De Vathaire une erreur méthodologique grave, car une étude fondée sur la cartographie des retombées n’a pas de sens » nous en déduisons que M. Repussard a un grand sens de l’humour. Nous n’avons toujours pas les résultats de cette étude. (cf. ci-joint)

On ne peut accepter de tels procédés qui entravent la science. Il faut exiger une transparence totale. Sans cette transparence il est logique de remettre en question toutes les publications statistiques concernant la santé en France.

La commission Tchernobyl, la CTC, l’ORS, se doivent d’interpeller le Ministre de la Santé pour exiger tous les éclaircissements concernant l’affaire du registre de l’enfant de la région PACA-Corse et concernant le pic en 1986 du nombre de cas d’hypothyroïdies néonatales de cette même région PACA-Corse avec l’impossibilité pour l’équipe de chercheurs de l’hôpital Galliera d’obtenir des données avant 1990

À Costa le 6 novembre 2013

4 pj : cancer de la thyroïde de l’enfant en région PACA-Corse, l’affaire du registre registre-des-cancers-paca-corse

Les hypothyroïdies néonatales hypothyroidies neonatales

Emission Terre à Terre - France Culture - le Blues des experts

17 janvier 2015


Denis & Marie-Antoinette Fauconnier
Le 17 janvier 2015.

Texte d’intervention du Dr Sophie Fauconnier Lopez-Rios

13 mai 2012

colloque de Genêve 12 Mai 2012

Forum scientifique et citoyen sur la Radioprotection

Les cancers de la thyroïde augmentent en France de façon très importante voire exponentielle depuis la fin des années 70

1,5/100 000/an en 75

2,5/100 000/an en 85

4,5 en 95

8,15 pour la période 2002/2006

9,8/100 000/an en Corse pendant la période 98/2001

Très régulièrement, dans la littérature scientifique et la presse, des spécialistes avancent des arguments pour écarter l’impact de Tchernobyl sur les pathologies thyroïdiennes.

pour eux, ce n’est pas l’effet Tchernobyl

- car l’augmentation a commencé avant 86

- des régions moins contaminées ont plus d’augmentation de cancers de la thyroïde que l’Est de France

- les iodes radioactifs n’engendrent pas d’augmentation des cancers de la thyroïde chez l’adulte

- les médecins sont plus vigilants et les moyens de dépistage plus sophistiqués, ce qui permet de dépister des cancers plus tôt …

Ces spécialistes se gardent bien d’évoquer la survenue d’autres pathologies thyroïdiennes dites bénignes: thyroïdites, goitres multihétéronodulaires (GMHN), nodules, dysfonctionnements…

il est dit:

« l’augmentation a commencé avant 86 »

oui mais…

En ce qui concerne la faible augmentation avant 86 , vers la fin des années 70, il faut rappeler que l’échographie thyroïdienne a été mise en place à cette époque et il est tout à fait normal qu’à une nouvelle technologie de dépistage s ‘associe une augmentation des cas recensés , du moins transitoirement.

La logique voudrait qu’après cette ascension de la courbe d’incidence on retrouve un plateau et non pas un accroissement de l’augmentation.

il est dit

« des régions moins contaminées ont plus d’augmentation de cancers de la thyroïde que l’Est de la France »

Dans le Calvados, moins contaminé , ou dans le Tarn, on a des augmentations d’incidence plus fortes que dans l’Est de la France , Alsace.

Il faut souligner plusieurs points:

l’Isère qui bénéficie d’un registre des cancers ancien enregistre la plus forte augmentation d’incidence des cancers papillaires de la thyroïde , 800% d’augmentation en 20 ans (entre la période 1982/1986 et la période 2002/2006), pour atteindre le niveau le plus haut avec la Corse pour la période 2003/2006.

Le Calvados, systématiquement cité, fait partie de la basse Normandie avec une forte activité laitière. Il ne faut pas oublier que la basse Normandie est encadrée de centrales nucléaires.

Le lait et les produits laitiers sont les principaux vecteurs des radionucléides après un accident;

- au début du mois de Mai l’Ouest et le Sud de la France bénéficient d’un climat plus doux.

Dans les pays de l’Est et dans l’Est de la France la plupart des troupeaux sont encore à l’étable,alimentés par des foins, ensilages et autres aliments engrangés l’année précédente.

Dans les régions où le climat est plus doux les animaux sortent dans les pâturages.

En Corse, les animaux, vaches, brebis, chèvres, sont toujours en stabulation libre, quasiment jamais alimentés à l’étable , d’où une plus forte contamination en iodes.

Par ailleurs si l’on prend le cas de la Corse, le printemps est plus précoce, les jardins commencent à produire, radis, poireaux, pissenlits, asperges, mais surtout des légumes à larges feuilles, salades,blettes, qui constituent un large réceptacle pour les particules radioactives, notamment si les dépôts se sont faits par temps sec , par bruine ou par brouillard.

Il est important de distinguer les différents modes de dépôts des radioéléments

en fonction des conditions climatiques.

Une pluie ou averse importante pendant le passage d’un nuage radioactif

entraînera beaucoup de radioéléments dans la terre et les analyses ultérieures retrouveront beaucoup de césium 137 .

Un dépôt par temps sec ou par bruine ou brouillard imprégnera d’un cocktail de radioéléments essentiellement la partie aérienne des végétaux et pâturages avec pour conséquence une contamination rapide des animaux, des produits laitiers et des légumes.

Un agriculteur qui projette de brumiser un produit phytosanitaire (qu’il soit systémique ou de contact) ou un désherbant, va avant tout consulter la météo: une pluie entraînerait un lessivage du végétal et le traitement perdrait beaucoup en efficacité.

Il en est de même pour les radionucléides de Tchernobyl.

Le pouvoir contaminant d’une bruine, d’un brouillard , par les radioéléments à vie courte, est plus fort que des dépôts par précipitation en ce qui concerne les végétaux .

Donc en ce qui concerne les pathologies thyroïdiennes il ne faut pas tenter d’établir une corrélation entre la survenue de ces pathologies et la concentration de césium retrouvé dans le sol.

Les pathologies thyroïdiennes doivent plutôt être mises en relation avec les habitudes alimentaires et le mode de vie (ruralité, élevage, autoconsommation…)

il est dit

« les iodes radioactifs n’engendrent pas d’augmentation des cancers de la thyroïde chez l’adulte »

c’est faux

En Biélorussie à partir d’un registre des cancers le Professeur Demitchik a montré une augmentation des cancers de la thyroïde chez l’adulte de 500% en 15 ans pour la période       1986/2000.

il est dit:

« la plus grande vigilance des médecins et les moyens de dépistage plus sophistiqués permettent de dépister un plus grand nombre de cancers , surtout des microcancers, c’est à dire des tumeurs inférieures à 1cm de diamètre »

faux

j’ ai étudié 201 cas de cancers de la thyroïde survenus en Corse entre 1985 et 2006

avec notamment :

les circonstances de diagnostic, le type cellulaire, la taille, le bilan d’envahissement; l’âge, le sexe et le lieu de résidence des malades en 1986 …

Dans mes conclusions on retiendra qu’1/3 des cancers sont de découverte fortuite; la moitié des cancers de découverte fortuite ont dépassé le stade de microcancer

mais surtout on retiendra que les microcancers de découverte fortuite asymptomatiques, sans complication, ne représentent que 8% des cas.

C’est à dire que les 92% restant étaient soit des cancers qui s’étaient révélés du fait de leur taille ou du fait de la gène occasionnée ou du fait de troubles fonctionnels associés, soit de microcancers agressifs avec effraction de la capsule ou   envahissement ganglionnaire ou métastase.

Au moment du diagnostic parmi les microcancers 11% présentaient des complications, envahissement ganglionnaire ou métastase.

Est-ce la manifestation d’une agressivité particulière des cancers de la thyroïde

en Corse , région la plus exposée du fait de l’importance des retombées et des habitudes alimentaires des habitants?

Les preuves de l’impact sanitaire de Tchernobyl en France, exemple de la Corse

La corse est située à près de 2000 km de Tchernobyl et pourtant elle a été très concernée par les retombées radioactives ; en raison de son survol par le panache radioactif avec des conditions météorologiques défavorables au plus mauvais moment de l’année et à cause d’ habitudes alimentaires particulières.
En effet, la Corse a enregistré des dépôts de césium 137 en 86 de 4000 à 40 000 Bq/m2 selon les régions, 20 000 à 400 000 Bq d’iode 131/m2 donc 3fois plus d’iode 132.

Les laits de chèvres et de brebis les premiers jours de mai 86 ont contenu des taux souvent supérieurs à 10 000 Bq d’iode 131 / litre , jusqu’à 100 000 Bq/litre pour l’IPSNCEA.

La radioprotection n’a pas respecté les limites réglementaire en 86, les habitudes alimentaires particulières n’ont pas été prises en compte, il n’a été tenu compte de la vulnérabilité particulière des populations rurales.
Des pathologies caractéristiques et des organes cible ont permis avec le recul de bien cerner l’impact de pollution de nucléaire ; or tous ces indicateurs sont au rouge dans notre région.

I Le pic des hypothyroïdies néonatales en PACA Corse

Hypothyroïdies néonatales en Corse : entre 1980 et 1985 on a dépisté 6 cas d’hypothyroïdie néonatale dans les 2 départements, soit une moyenne de 1 cas par an, en 1986 on a dépisté 5 cas, dont 4 cas entre le 15 mai et le 15 octobre 1986.

Hypothyroïdies néonatales en région PACA :75 cas d’hypothyroïdies néonatales ont été dépistés en 8 ans entre 1978 et 1985 avec une moyenne de 9,3 cas par an.
Dans la même région en 1986 ont été dépistés 23 cas.
On observe donc en 1986 un excès de 14 cas.
Ces chiffres sont éloquents.

La justice a été sollicitée pour étudier ces cas avec notamment les mois de naissance.

II Pathologies thyroïdiennes en Haute-Corse

il y a une forte augmentation des pathologies thyroïdiennes.
L’ analyse de l’expertise des fichiers du Dr Vellutini, seul endocrinologue en Haute Corse ayant exercé avant et après 1986, révèle une augmentation de 117% dans la proportion de consultants pour des problèmes  thyroïdiens par rapport aux autres pathologies endocriniennes après 1986.
En d’autres termes la proportion de consultants pour des problèmes thyroïdiens a plus que doublé après 1986.
Ceci est à mettre en parallèle avec la très forte augmentation des ventes du médicament Lévothyrox en France.

Parmi les différentes pathologies thyroïdiennes ce sont les thyroïdites type Hashimoto qui ont augmenté dans les plus fortes proportions .

III Les cancers de la thyroïde chez les enfants

En région PACA, troublante affaire des cancers de la thyroïde des enfants et du registre régional des cancers de l’enfant du Pr Bernard. Conférence de presse d’Annie Sugier,directrice del’IPSN, le 27 mars 1996 aux journaux « le monde » et « le nouvel obs »:3 cancers de la thyroïde de l’enfant enregistrés pendant la période 1984 à 1991 et 14 cancers en 1992, 93 et 94.Ces chiffres ont été rectifiés par la direction Régionale de la Santé, il y aurait eu erreur dans l’interprétation des données
Ce registre, ouvert en 1984, n’a plus donné d’informations à partir de cette date (1996), contrairement aux autres registres régionaux.
La justice a été sollicitée pour élucider cette affaire.

IV Leucémies de l’enfant en Corse

Plusieurs cas du même type de leucémie (LLA) ont été signalés pour des enfants nés en 1985 et en 1986 dont 2 cas pour la seule Haute Corse et nés au deuxième semestre 86 (données non exhaustives) alors que l’incidence nationale est habituellement très faible, de l’ordre de 3,3 cas pour 100 000 et qu’il y n’y a en Corse que 2800 naissances par an . Le registre PACA Corse devait détenir ces informations.

V Les cancers de la thyroïde de l’adulte

Le taux d’incidence des cancers de la thyroïde en Corse sur la période 1998/ 2001est le plus élevé pour les hommes (publication INVS 2006 pages 32 à 38 « évaluation de l’incidence des cancers de la thyroïde en Corse , période 1988/2001) ; incidence 3 fois plus élevée que la moyenne nationale et 2 fois plus élevée que dans le Doubs (département qui enregistre la plus forte incidence sur le continent).
Pour les femmes, l’incidence du cancer de la thyroïde, en Corse, est du même ordre de grandeur que l’incidence la plus élevée enregistrée sur le continent , c’est à dire le Tarn.
Globalement l’incidence du cancer de la thyroïde en Corse est la plus forte des régions françaises surveillées, cette incidence est 2 fois supérieure à l’incidence moyenne      nationale.
Ma thèse de doctorat en médecine  soutenue le 20 décembre 2006 « Etude de 201 cas de cancers de la thyroïde en Corse entre 1985 et 2006 » permet de retenir que l’incidence élevée en Corse est bien réelle, seulement 8% des cancers de la thyroïde sont des microcancers de découverte fortuite ,asymptomatiques , sans complications; ce n’est donc pas l’augmentation de ces découvertes fortuites qui explique cette augmentation de l’incidence.

VI Pathologies malignes graves

Excès de pathologies malignes graves survenues dans la cohortes des jeunes nés au 2ème semestre 1986 , c’est à dire dont les mères étaient enceintes en mai 86.
Ne serait ce que dans notre micro-région, sans faire de recherches particulières, on a pris connaissance, parmi les 80 naissances de cette période, de 3 cas de pathologies malignes graves , soit 1 cas sur 26, il s’agit d’un lymphome, d’une leucémie et d’un cancer de la thyroïde.
Ces 3 cas ne sont nullement exhaustifs. 3 cas pour une si petite cohorte est tout à fait anormal compte tenu des très faibles incidences respectives à l’age de survenue.

La succession de pics dans les différentes pathologies classiquement radio-induites devrait convaincre la communauté scientifique de l’impact de Tchernobyl sur la santé de la population Corse.

Mais l’étude la plus judicieuse pour cerner l’ensemble de l’impact sanitaire des retombées de Tchernobyl serait de comparer la santé d’une cohorte qui a subi de plein fouet les effets des radioéléments de Tchernobyl, surtout les iodes, par exemple comparer des personnes nées en 85 et 86, à une cohorte de personnes nées en 88 et 89 qui n’ont pas subi les effets de ces iodes.

Ceci permettrait de chiffrer l’impact de Tchernobyl sur toutes les pathologies thyroïdiennes et autres , malignes ou bénignes, d’une population vulnérable (cancer de la thyroïde, Hashimoto, goitre multihétéronodulaire, basedow, maladies auto-immunes, diabète de type 1, lymphomes Hodgkinien et non Hodgkinien, leucémies etc…).

enfin

L’instruction du TGI de Paris, pôle santé, n’a pas conclu sur la plus part de ces points.
Les dossiers de plaignants les plus caractéristiques n’ont pas été instruits .
Les services de l’état, en place depuis 1986, tant par les systèmes de surveillance que par les différentes alertes , ne peuvent ignorer ces problèmes sanitaires.
La maîtrise de l’information et des données scientifiques est à l’évidence toujours effective.
En niant les répercutions sur la santé d’une pollution nucléaire sur des populations exposées et vulnérables, les autorités sanitaires se rendent responsables de contre mesures défaillantes lors d’accidents nucléaires postérieurs.

La gestion de la catastrophe de Fukushima en est la preuve et la population japonaise en pâtira.

Les élus de la Collectivité Territoriale de Corse ont décidé, pour répondre aux interrogations légitimes de la population , de financer sur les fonds de la collectivité une étude épidémiologique visant à mesurer l’impact de Tchernobyl et à mettre en place un registre des cancers réclamé depuis 26 ans  en vain auprès des services de l’état.

C’est une équipe médicale italienne (Ospedale Galleria de Gênes) composée de chercheurs épidémiologistes, endocrinologues qui a remporté le marché qui a fait l’objet d’un appel d’offre européen.

D’ici un an nous devrions avoir les premières conclusions.